Editorial

Vérité des pénuries

Qu’est ce qui se passe réellement ? Surconsommation ou pas, le fait est que le sans plomb ait disparu dans les stations-service. L’OMH et les pétroliers ont beau expliquer que les stocks ont encore de quoi tenir jusqu’à la prochaine livraison du tanker à Toamasina, la réalité est que presque la totalité des stations est à sec. Autant on impose aux usagers la vérité des prix, autant on leur doit également la vérité des pénuries.

On ne peut pas tout mettre sur le dos des consommateurs. Il est peu probable qu’une surconsommation peut faire disparaître tout le stock en deux jours alors que les responsables ont toujours avancé qu’on a un stock de quarante-cinq jours dans les dépôts. Quantité que l’on portera à 61 jours avec les nouveaux dépôts annoncés il y a quelques mois.

Le comportement des usagers est logique et compréhensible. Les faits ne sont que la suite du chasse-croisé entre l’État et les pétroliers concernant justement l’application de la vérité des prix. De longues négociations qui ont l’allure d’un bras de fer. Entre la volonté de l’État de ménager les consommateurs en baissant ou en gelant le prix de ce produit hautement stratégique et la position inflexible des pétroliers concernant leur marge, il est difficile de trouver un point d’entente. L’État a réussi à faire baisser le prix du sans plomb de 100 ariary et de le maintenir depuis trois mois mais les pétroliers n’ont pas abdiqué. Il y a un mois ils ont envoyé une lettre au ministre de l’Énergie et des hydrocarbures pour le prévenir d’une éventuelle perturbation de l’approvisionnement en carburant. Si cela n’a pas un lien avec la situation actuelle, il faut trouver un argument en béton pour rassurer la population et juguler la propension à surconsommer.

C’est un réflexe de Pavlov dans une situation où il y a eu des signes avant coureur d’un problème de distribution. Il ne faut pas laisser pourrir la situation en jouant sur les explications fallacieuses alors que les faits sont indubitables. Il ne faut pas jouer avec le feu avec un liquide hautement inflammable comme l’essence.

Le meilleur moyen d’éradiquer la psychose et de mettre fin à la tendance à stocker, c’est de régulariser au plus vite la distribution de manière à ce que l’offre dépasse la demande. Autrement, on aura du mal à maîtriser la situation qui vient s’ajouter à une succession de faits causant un réchauffement du climat social. On n’a pas intérêt à mettre de l’huile sur le feu dans une situation où tout le monde a les nerfs à vif. Tout écart de langage peut tout faire embraser.

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