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Johann Pless – « Le plus beau reste à venir pour le tourisme »

Optimisme mesuré. Doublé d’un pragmatisme compréhensible chez Johann Pless, président du Conseil d’administration de la Fédération des hôteliers et restaurateurs de Madagascar sur l’évolution du tourisme post-crise sanitaire.

Que peut-on déduire de la haute saison touristique ?

Grâce à l’ouverture effective sans aucune barrière à partir de la mi-août 2022 et, une nouvelle fois nous remercions les autorités, nous pouvons accueillir des touristes dans la normalité, avec de bonnes conditions au départ et à l’arrivée. Cela dit, la haute saison 2022 ou même la saison n’a pas commencé. Nous avons plusieurs mois avant de récolter le fruit de ces bonnes mesures pour le secteur. Nous comprenons des agences de voyages et des tours opérateurs, la programmation et la vente se font entre trois et six mois, donc la saison commencera dès le premier trimestre 2023 et sera à son apogée en juillet 2023. En tout cas, nous l’espérons et c’est ce que nous prévoyons.

Pour rappel, nous annoncions cette date dès juin 2020, selon nos analyses prospectives.

Le travail en commun que nous développons avec notre ministère de tutelle est extrêmement important et porte ses fruits. Bien entendu, tous les opérateurs sont sur les starting blocks et souhaitent travailler normalement au plus tôt. Nous pouvons être un peu impatients mais il est important de bien se rappeler que pendant vingt sept mois, nous avons tout perdu.

Nous serons donc très heureux d’afficher à l’échelle nationale de très bons taux d’occupation en milieu 2023, il faudra encore tenir jusque là. Nous devons noter que la reprise du travail est très disparate, très intense à Anta­- nanarivo, intense à Nosy Be et Mahajanga, un peu moins dans d’autres régions. Ce que nous souhaitons tous est une reprise et une relance nationale et nous y travaillons main dans la main avec le Ministère du tourisme. Tout cela est très positif.

Est-ce que la stratégie de relance avancée par le ministère a répondu aux attentes des opérateurs ?

La stratégie est élaborée avec le secteur privé donc elle répondra effectivement aux attentes du secteur THR. Nous sommes aujourd’hui en phase de reprise, la relance sera pour 2023. Nous avons des grands enjeux à résoudre tous ensemble. Le Ministère du tourisme gère effectivement notre secteur mais nous ne pouvons et ne devons pas ignorer le transport aérien; nous avons besoin de plus d’avions, plus de rotations, plus de compagnies à l’international comme en national et de plus de pays émetteur. Tout en supportant Tsaradia et Madagascar Airlines, nous devrions avoir des liaisons aériennes plus compétitives, plus denses et plus accessibles. Notre réseau routier est aussi important et doit être entretenu. La sécurité est aussi un point que nous devrions supporter en tant que secteur privé et y apporter une vigilance particulière.

Plus globalement, la destination doit devenir plus accessible, plus compétitive et plus attrayante. Nous tra­vaillons donc avec le Ministère du tourisme pour atteindre une feuille de route inclusive qui converge avec les intérêts de tous et en priorité pour les Malagasy – du secteur ou non – sur tout le territoire. Nous y arriverons en travaillant tous ensemble.

La destination Mada­gascar a –t-elle une visibilité sur le marché mondial du tourisme ?

Oui. Afin d’être toujours plus visible, nous devons être plus accessibles. Plus de compagnies aériennes, plus de rotations et moins de barrières, abandonner pour quelques années les visas ou les « frais de dossier à l’entrée ».

On parle de digitalisation à tous les étages, on parle d’accessibilité et de communication rapide et efficace, pourquoi ne pas appliquer ces in­novations au tourisme ?

Quels sont ces atouts à faire valoir?

Nous avons beaucoup de produits variés et à proposer. Nous avons plus de 6 000 km de plages et des îles magnifiques avec de superbes hôtels. Nous avons des spots incomparables de kite surf. À part ce concept balnéaire, nous avons aussi des circuits spécifiques par régions. Pour ne citer que les randonnées dans les périphéries de la capitale et ses environs, la descente de la Tsiribihina, les Tsingy de Bemaraha, les visites des aires protégées et des parcs nationaux, des sanctuaires de la nature… Sur un autre registre, nous sommes le seul paysd’Afrique à proposer nos produits culinaires et notre gastro­nomie au sens large. Foie gras, magret de canard, zébu, langoustes, caviar, vanille, épices, crevettes… Autant de saveurs à goûter sans modération. .

Les activités touristiques ont besoin d’employés spécialisés. En nombre et en qualité de formation, en avions-nous suffisamment ?

Nous avons effectivement des programmes de formation à développer encore mais oui nous avons assez de jeunes et moins jeunes pour travailler dans le Tourisme–hôtellerie-restauration, THR. Perfectibles dans les métiers. .

Combien de membres la FHORM rassemblet-elle ?

Nous comptons 306 membres actifs, dix-sept années d’expériences, 16 200 couverts, 7 000 chambres et 7 900 emp­lois directs. Nous s ommes l’interlocuteur privilégié des autorités en matière d’hébergement-restauration car nous contribuons à pas moins de 70% des recettes fiscales et vignettes touristiques.

Comment faire pour y adhérer ?

Tous les professionnels de l’hôtellerie-restauration peuvent intégrer la FHORM. Voici les conditions. Avoir entre 2 et 4 chambres au maximum pour les maisons d’hôtes, avoir 06 chambres au minimum pour les hôtels, présenter 20 couverts pour les restaurants et tables d’hôtes, être légalement constitué (Autorisation d’ouverture, NIF, STAT…), payer le droit d’adhésion pour la première année (l’équivalent d’un an de cotisation), s’acquitter de la cotisation annuelle dont le montant varie suivant les catégories considérées. .

Quels en sont les avantages ?

Nous sommes l’interlocuteur privilégié des autorités en ma tière d’héberge­ment-restauration car nous représentons +70% des recettes fiscales et vignettes. À ce titre, nous portons la voix des hôteliers et restaurateurs tant vers le public que le privé. Nous défendons les droits de nos membres. Nous développons leur compétitivité et développons la formation de la filière.

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