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Editorial

Libéré, délivré

La fin du purgatoire. Tout le monde s’attend désormais à l’annonce de la fin de cinq mois de galère et de privation par le président de la République demain. Tous les indices vont dans le sens de l’abandon du confinement bien que la pandémie ne soit pas totalement éradiquée et qu’il faille faire très attention pour éviter un retour en force du coronavirus. Le nombre de nouveaux cas a sensiblement baissé ces derniers jours ne dépassant plus la centaine à Analamanga après un pic à six cent quatorze contaminations il y a exactement un mois.

Tout va donc dans le sens de la prévision du président de la République. Sauf improbable nouvelle explosion du virus, on assistera au retour à la normale de toutes les activités à partir de lundi. Depuis quelques jours déjà, les habitudes sont revenues, la situation laisserait croire que la covid-19 n’est plus qu’un mauvais souvenir. Hier, la nouvelle ministre de l’Éducation nationale a confirmé les dates des examens annoncées par le président de la République il y a un mois. Les écoles françaises reprendront les cours le 2 septembre. Les transporteurs s’apprêtent également à la reprise de leurs activités après cinq mois de grève obligatoire. Une sévère punition qui devait apprendre aux acteurs du transport public la discipline et la qualité de service. C’est désormais prouvé que les usagers peuvent se passer des incorrigibles taxis-be aussi longtemps que c’est nécessaire.

La balle a changé de camp et les usagers sont sortis grandis de cette dure épreuve. La menace de grève des taxis-be pour réclamer une hausse de prix du ticket n’aura plus aucun effet. Un des points positifs du coronavirus qui aura appris qu’on peut dépenser moins en simplifiant les funérailles et les mariages. La pandémie a complètement bousculé les mœurs et traditions, a fait comprendre que les fomban-drazana n’ont finalement rien de sacrés ni d’immuables. Que les morts peuvent être enterrés n’importe où et pas obligatoirement dans le fasan-drazana sans que cela amène une malédiction. Autant de leçons et d’enseignement retenus durant cette pandémie au cours de laquelle on aura admiré le courage et l’incroyable résistance de la population aussi pauvre que jamais avec l’arrêt de toutes les activités. Le président de la République lui-même a reconnu que le confinement n’était pas une bonne option. Pour les pays pauvres c’est une mesure impossible à respecter et inapplicable à la situation de précarité de la majorité de la population.

La fin du confinement est également marquée par la rentrée politique. C’est l’opposition qui tire le premier en annonçant un grand rassemblement pour dénoncer ce qu’elle estime inacceptable dans la gestion des affaires nationales.

Les manifestations culturelles et sportives lui emboîteront certainement le pas après une longue période d’inactivité. Eh oui, on chantera en chœur « Libéré, délivré » pour célébrer cette sortie de crise tant attendue à défaut de pouvoir crier victoire étant donné que le virus est encore bel et bien là surtout dans les régions. Les gestes barrières doivent être maintenus tout comme les mesures de protection élémentaire. L’Europe et les autres continents font face aujourd’hui à une deuxième vague de la pandémie un mois après le deconfinement total. C’est la facture à payer.

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