Accueil » Editorial » Ressemblance fortuit
Editorial

Ressemblance fortuit

L’histoire est un éternel recommencement. À preuve on revit les attentats quarante ans après. Dans les années 80, il y avait plusieurs procès relatifs à des atteintes à la sûreté de l’État ou carrément des tentatives d’attentat contre le président de la République Didier Ratsiraka. Réalité ou affabulation, aucune preuve réelle n’avait été apportée à l’époque mais les prévenus étaient tous condamnés à de lourdes peines. Le président Ratsiraka avait tenu une longue conférence de presse à Ambohitsorohitra pour démontrer l’existence de projet d’attentat. La famille Ramaroson était accusée de former des commandos à Andoharanofotsy. Des photos d’hommes cagoulés étaient montrées à la presse. Le regretté Gaston Ramaroson allait passer des dizaines d’années en prison. Il allait mourir dans un accident de voiture à Antanifotsy en 2006.

Un prêtre était accusé d’avoir voulu attenter à la vie du président de la République en téléguidant la foudre. Un autre quidam était accusé d’avoir voulu tuer le président avec un stylo pistolet.

Parmi les affaires d’attentat contre le président Didier Ratsiraka, celle du commandant Richard Hygin Andriamaholison était sans conteste la plus grande. Il a été condamné à la déportation à perpétuité en 1983 mais a été élargi suite à l’intervention du président français François Mitterrand lors de sa visite à Madagascar en 1989. Le commandant Andriamaholison prenait la direction de la France à sa sortie de prison. Il reviendra pour devenir député d’Antananarivo lors de l’accession du professeur Albert Zafy au pouvoir en 1993.

D’autres affaires d’attentat ont également eu lieu à l’image de l’arrestation du regretté Colonel Rasolofo, directeur du cabinet militaire de la présidence que la cour acquittera lors du procès tenu en 1984. Il y avait également la condamnation du commandant Marson Rakotonirina, du gendarme Abel Rakoto, du journaliste Rakotomalala, directeur du journal Mahasoa accusé d’avoir dénigré le président de la République et le pouvoir révolutionnaire.

Les deuxièmes et troisièmes mandats de Ratsiraka étaient moins fournis en matière d’attentat mais il y avait toujours des emprisonnements.

Toute ressemblance à des faits antérieurs est tout à fait fortuite pour reprendre une formule consacrée.

1 commentaire

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter