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Notes du passé

Des cases en terre pour préserver la forêt

Les nouveaux quartiers de Fianarantsoa où les maisons sont de plus en plus construites en dur, après l'avoir été en bois puis en terre.

À la fin du XIXe siècle, la majorité des Betsileo vit dans des cases faites en bois et en bambous. Mais selon le Dr Besson, résident français à Fianarantsoa, chef-lieu de la province, de nouvelles habitations font déjà leur apparition, construites en terre comme celles des Merina. L’éloignement de la forêt et la cherté du bois contribuent beaucoup à cette transformation.

En effet, au XVIe et même au XVIIe siècle, la province était en partie recouverte de luxuriantes forêts. Les défrichements par le feu, parfois non maîtrisé, ont vite eu raison de ces magnifiques bois dont il ne reste plus qu’une longue bande. Celle-ci court du Nord au Sud, en bordure de la frontière Est et séparant les Betsileo des Tanala.

« Cette bande forestière était sans cesse assaillie et dévastée par le Betsileo, dont la paresse recherche la riche couche d’humus des sous-bois. Cet humus, amendé par les cendres de l’incendie, lui donnait presque sans culture d’abondantes récoltes de maïs et de patates. » Par suite de ces dévastations périodiques, la forêt n’a cessé de reculer toujours plus à l’Est. Elle finit par être menacée d’une destruction totale dans un avenir peu éloigné, pense-t-on à la fin du XIXe siècle.

Toujours d’après le Dr Besson, l’épaisseur de la bande boisée n’est plus, à son époque, que de 10 ou 12 km. Aussi des mesures sévères sont-elles prises pour préserver de la destruction ce précieux lot d’où les villages tirent encore leurs bois de construction et de chauffage.

Ces forêts produisent de très belles essences bien connues et souvent citées. Les principales qui devront servir à reboiser la province, sont le voamboana ou palissandre malgache; l’ambora, sorte de santal imputrescible; le rotra très dur et très durable; le lalona de qualité encore supérieure. Ces deux derniers bois sont très communs et d’une croissance relativement rapide, tandis que les deux premiers sont d’une venue plus lente.

Dans tous les cas, quels que soient les matériaux qui entrent dans sa construction, une case betsileo se compose toujours d’un rez de-chaussée et d’un grenier. Elle est orientée à l’Ouest pour éviter les vents froids et humides qui soufflent de l’Est. Une petite fenêtre percée au nord de la case et une petite porte qu’on prendrait pour une fenêtre tournée également à l’Ouest, sont les seules ouvertures par lesquelles le Betsileo reçoit l’air et la lumière.

En face de la porte d’entrée se trouve le foyer ou fatana et en arrière, dans un coin une énorme cruche sert de réservoir d’eau douce. Cette espèce d’amphore n’est jamais déplacée et son ouverture est recouverte d’une sorte de couvercle en paille tressée. Le Dr Besson explique que ce t te cruche ainsi que les marmites et assiettes constituent généralement le seul apport de la femme à la communauté. « Si le mari brise cette amphore ou la fait rendre aux parents de l’épouse, c’est le signe convenu de divorce immédiat. »

Dans la partie occidentale de la maison, est souvent installé un lit de bois très court, où l’on doit dormir les jambes repliées. Le dessous du lit qui ferme comme une armoire, sert d’abri pour les poules et les canards pendant la nuit. Souvent des planches placées tout autour de la case en forme d’étagères servent d’ornement ou de débarras aux habitants.

Question cuisine, une sorte de claie suspendue au-dessus du foyer, sert à faire boucaner la viande, mais surtout de réceptacle à l a suie. En effet, les cheminées étant inconnues, au bout de quelques mois l’intérieur de l’habitation est tout noir de suie.

En guise de plancher, le sol à l’intérieur de la case, est toujours recouvert de nattes.

Une ouverture carrée pratiquée dans le plafond permet de monter au grenier par une échelle. « Souvent cette échelle est remplacée par le poteau de soutien du milieu de la case, dont le pourtour est taillé en forme de larges encoches permettant l’ascension de l’étage.»

Quant aux toitures, elles sont toujours en chaume.

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