Economie

Production – La campagne de la vanille démarre mal

La quantité de vanille préparée à exporter vers le mois d’octobre reste incertaine

Des opérateurs investis dans l’or noir malgache dénoncent les décisions prises par l’Etat, qu’ils jugent défavorables à  l’actuelle campagne

Désastre. C’est le mot qui revient souvent à la bouche d’Eddy Ambroise, opérateur exportateur de vanille dans la région SAVA. Il opère précisément dans le district de Sambava.  La campagne qui a démarré le 15 juillet dernier, ne présage rien de bon pour sa société.  «  Sur les trente tonnes de vanille verte que nous avons prévu de collecter à cette campagne, vous ne me croirez pas si je vous disais qu’à peine une tonne sera cueillie » explique-t-il. «Sur les dix-neuf communes productrices de vanille, seules trois ont été ouvertes au marché » ajoute-t-il. La récolte a tardivement démarré à son avis car  l’épice a été collecté illicitement bien avant la campagne et il ne reste plus qu’une infime quantité, une semaine après l’ouverture de la campagne officielle. Le prix de la vanille verte voisine toutefois les 200 à 250 mille ariary malgré la rareté du produit. Eddy Ambroise renvoie toute son amertume aux décisions « unilatérales » prises cette année par l’Etat.  D’après lui, cette cueillette avant l’heure  de la vanille verte est due à la non-implication du Groupement des préparateurs et acheteurs de vanille de la région Sava (GPAS), dénoncée comme rabat-joie dans la réforme menée pour le développement de la filière. Des actions de sensibilisations ont été lancées depuis deux ans pour lutter contre les collectes de vanille prématurée.

Deux saisons

«  Le GPAS composé de professionnels et connaisseurs de l’épice, a émis l’idée de maintenir l’ouverture de la campagne en ce mois de juillet afin d’obtenir une bonne qualité vue que la vanille n’a fleuri qu’au mois de janvier. Mais les propagandes politiques lors des élections législatives ayant promis une collecte avant 26 juin pour que tous les opérateurs de la filière soient contents de pouvoir célébrer l’indépendance avec faste, a remporté la mise» révèle l’opérateur.  Une « gabegie » s’est alors installée vu le retirement du GPAS dans la sécurisation de la vanille. Un autre exportateur avance que tous les professionnels du métier n’ont pas été suffisamment consultés ni par l’Etat, ni par le GPAS, ni par la Plateforme  régionale de concertation et de pilotage (PRCP) concernant cette date de campagne. « Les décisions de l’Etat ont changé au fur et à mesure des années. Il fut un temps où pour exporter 2,5t de vanille préparée, il a fallu payer 5pour mille du chiffre d’affaires soit quelques 20 millions d’ariary outre les ristournes et les frais de douanes. Peu d’exportateurs en ont eu les moyens. Le ministère du Commerce est revenu sur sa décision. Il y a eu ensuite l’idée d’ouvrir la campagne avant 26 juin, pour éviter que les produits ne subissent une trop longue période d’emmagasinage » explique-t-il. Des opérateurs proposent de voir au cas par cas. D’ouvrir les communes telles Andraharo avant la fête nationale et maintenir celle comme Bemanevika au 15 juillet.

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  • Madagascar doit regarder ce que réussi les autres pays producteurs de la vanille : absence de vol de la vanille sur pied ou en magasinage, suivi de meurtre par lynchage populaire. Des actes qui mettent du sang sur le seul produit alimentaire à forte rapport financière.
    Chaque problème sur un produit national doit pouvoir trouver la solution dans les pays qui font la production.
    Eviter l’obsession de l’argent, vendre vendre, sans l’éthique minimale, la dignité humaine qui est la source de la sécurité locale (nationale).