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Editorial

Plus que préfet

Faut-il toujours prendre des dispositions intempestives voire débiles à un moment où tout le monde à du mal à sortir la tête hors de l’eau ? En quelques jours deux décisions viennent perturber l’ordre public. D’abord la coupure de route à Anosy pour cause de podium en pleine fête où l’embouteillage est à son paroxysme malgré la réorganisation de la circulation effectuée par la CUA. Après plusieurs années de trêve, le podium reprend à Anosy. Institué pendant la Transition, il a été abandonné lorsque des spectactrices se sont faites violer sur le bord du lac Anosy pendant le spectacle sous les yeux impuissants de l’ange doré. Maintenant on décide de remettre le plat en pleine psychose de rapt et d’enlèvement. Les risques sont donc réels pour ceux qui restent jusqu’à la fin du spectacle où aucun transport en commun ne sera plus en service. Gageons qu’on aura tort pour ne pas jouer l’oiseau de mauvais augure.

La deuxième décision est signée par le préfet d’Antananarivo qui autorise les taxi be d’embarquer plus de passagers que ne le permet la carte grise. C’est juste ahurissant qu’un préfet autorise une entorse à la loi. La préfecture motive sa décision par l’insuffisance de places dans les transports en commun origine des attroupements dans les arrêts de bus. Ce qui expose les usagers à divers dangers dont l’enlèvement. Mais désormais ils sont plus que jamais exposés au coronavirus qui effectue un retour au triple galop. Comme l’état d’urgence sanitaire n’est plus en vigueur, c’est chacun fait ce qui lui plaît depuis plusieurs mois.

Un argument tiré par les cheveux en fait. La préfecture rendrait bien service aux usagers en obligeant les « taxi bête » à respecter stricto sensu leur cahier des charges et de ne pas abandonner leurs passagers au milieu de nulle part.

C’est plutôt une mesure cauteleuse pour amadouer les incorrigibles taxi be afin qu’ils maintiennent leur tarif lors de la prochaine hausse de prix des carburants. Certaines sources avancent pourtant que le prix du ticket du transport en commun serait de 1000 ariary à partir de juillet. Un prix prohibitif pour la majorité de la population dont le revenu équivaut à 1,5 dollars (6000 ariary) par jour selon la Banque mondiale. La hausse du prix du carburant peut ainsi causer une chaîne d’augmentation et la spirale sera irrépressible.

Les deux décisions mettent en tout cas de l’huile sur le feu dans un contexte assez tendu. On veut bien des fêtes et des délassements mais la conjoncture fait que les préoccupations sont ailleurs. Ainsi pour tirer une barbe à un chat qui dort, c’est plus que préfet.

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