Economie

Transport aérien – L’ACM dans l’impasse

La retard de la procédure de succession pourrait impacter tout le secteur aérien malgache.

D’abrogation aux nominations, la direction de l’ACM semble avoir été laissée pour compte. Les intérimaires peinent à garder la tête hors de l’eau.

Incapacité. C’est par ce terme que le premier responsable actuel de l’Aviation Civile de Madagascar (ACM) s’est décrit dans une correspondance adressée à son ministère de tutelle qui est celui du Transport, du tourisme et de la météorologie. Le directeur général par intérim de l’ACM, Bako Alain Ramananjanahary évoque ainsi dans cette lettre, la limitation de son champ d’action par rapport aux tâches que lui assignent ses supérieurs. Notamment sur la nomination des personnes qui devraient être en charge de certains postes à responsabilité au sein de son institution. « Compte tenu de mon incapacité à trouver les personnes idoines pour remplacer le secrétaire général, je vous suggère respectueusement de bien vouloir faire procéder à la nomination du directeur général titulaire de l’ACM », argue-t-il en s’engageant à assurer la simple expédition des affaires courantes correctement jusqu’à l’effectivité de la nomination du titulaire qui devrait être à sa place.

Pour rappel, l’appel à candidature pour avis de recrutement au poste de directeur général de l’ACM a été émis par le conseil d’administration de cette institution qui date du 27 février de cette année. Jour à laquelle a pris fin le contrat de James Andrianalisoa qui était à ce poste depuis cinq ans. Le poste devait donc faire l’objet d’un nouvel avis de recrutement comme il est énoncé dans le décret N° 2013 – 710 modifiant et complétant certaines dispositions du décret N° 2008 – 187 du 15 février 2008 portant organisation de l’Administration de l’aviation civile et fixant les attributions des structures qui la composent.

Exigence
Ces mêmes textes disent que le titulaire sortant peut soumettre sa candidature de nouveau, mais « avant l’expiration de sa période de nomination ». Pourtant, depuis l’émission de cet avis de recrutement jusqu’à aujourd’hui, l’Aviation Civile de Madagascar n’a toujours pas trouvé chaussure à ses pieds ni la tête pensante qu’il lui faut. Selon les déclarations officielles, un bon nombre de candidat a tenté leur chance sans pour autant correspondre aux attentes de l’ACM. Il faut dire que le profil recherché exige des compétences que l’on ne croise pas tout simplement au coin de la rue.

Le candidat doit avoir, au minimum, une quinzaine d’année de solide expérience en aviation civile, avoir une connaissance approfondie du domaine de l’aviation civile, posséder une bonne connaissance en gestion, une connaissance du fonctionnement des marchés publics et être impérativement de nationalité malgache. Pour l’instant, l’ACM est donc dans l’impasse vu que ce sont les simples affaires courantes qu’elle peut assurer dans la mesure où les prises de décision super structurelle ne sont pas dans les cordes d’un intérimaire. Sans un titulaire au poste de directeur général, gage physique de sécurité pour l’Organi­sation de l’aviation civile internationale (OACI), il est fort possible que l’ACM encours le risque d’être pénalisée. Et elle entraînera dans son sillage tout le secteur aérien comme à l’époque du fameux déclassement en annexe B.