Texto de Ravel

Ces choses que nous payons sans raison

Loi des finances rectificatives numéro 2019-005, page 16, titre III sur les taxes. Il est annoncé que les préservatifs sont désormais exonérés de TVA. Ce qui représente 0.05 milliards d’ariary selon le paragraphe 2 sur les implications budgétaires de la décision étatique. La raison de cette résolution serait de promouvoir les méthodes de contraception, d’éviter les grossesses non désirées ainsi que pour faire baisser le taux de prévalence du VIH à Madagascar. Un pas intéres­sant de la part du gouvernement malgache. Cette mesure prouve qu’il est tout à fait possible de faire des décisions en matière de santé et droits sexuels et reproductifs.

C’est ainsi que le plaidoyer sur la détaxation des nécessaires en relation avec les menstruations des femmes malgache prend tout son sens. La menstruation n’est pas un choix. Cela arrive à toutes les femmes et à toutes les filles. Il est donc du devoir de l’État de veiller à ce qu’elles puissent toutes avoir accès aux produits dont elles ont besoin pour gérer leurs règles avec hygiène et dignité. Dignité, un grand mot quand on parle de menstruation car vu le pouvoir d’achat des femmes malgaches, la réalité est horrifiante. Des études ont mis en exergue qu’en ayant pas les moyens de se payer des serviettes tous les mois, d’innombrables femmes utilisent des journaux, des cœurs de jonc, des cœurs de bananier et on en passe. Pourquoi ne pas juste utiliser des serviettes en toile à l’ancienne diront certains. Quand on sait que la grande majorité de la population n’a pas accès à l’eau potable et du savon, beaucoup de femmes ne peuvent pas les nettoyer convenablement. Toute cette situation entraine des maladies dont certaines sont fatales pour les femmes et les filles. Alors, vu que plus de la moitié de la population est féminine, nous soutenons la détaxation des produits sanitaires.

D’autres faits qui sont peut-être minimes mais n’ont pas de sens. En cette période de fête, une descente sur l’avenue de l’indépendance vous fera voir et sentir à plein nez les matières fécales ainsi que l’urine. Oui, le Tananarive « chie » sur son indépendance. Excusez du terme vulgaire mais le dire franchement pourrait enfin faire entendre raison aux citoyens et aux responsables communaux. Pourquoi doit-on toujours payer pour uriner à Antananarivo ? Surtout dans des zones où généralement il y a grand monde. Il est aussi impensable qu’à l’Université d’Antananarivo on fasse payer 100 ariary à ces pauvres étudiants pour pouvoir accéder aux toilettes. Il en est de même dans les hôpitaux, dans des bureaux administratifs et des fois dans des lieux de culte.

Pourquoi faut-il également payer les places de parking ? On répondra surement que c’est pour pouvoir entretenir et améliorer ces endroits. Force est de constater le contraire. Dans beaucoup de cas, même les places que nous louons sont dans un état de délabrement indescriptible. Il est tout aussi injuste de faire payer les parkings dans les hôpitaux à Antananarivo pour la simple raison que les gens y vont pour un service public qui est d’autant plus payant. On paie par exemple 200 ariary pour le parking de l’hôpital Girard et Robic mais il n’a jamais été aménagé ni entretenu.
À la veille des fêtes de l’indépendance, soyons de vrais citoyens et non pas de simples sujets qu’on amuse pour mieux les piller.

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