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Assemblée Nationale – La session bâclée par les députés

Le palais de Tsimbazaza a été pratiquement déserté par les députés. Le pic d’assiduité atteint durant cette première session ordinaire est d’environ une trentaine.

Institution buissonnière. « Le plus grand nombre de députés ayant assisté à une séance plénière que nous avons comptabilisé durant cette session est d’environ une trentaine », confie un membre de l’équipe administrative de l’Assemblée nationale. Les députés sont, pourtant, au nombre de cent cinquante-et-un.

Ce pic a été atteint lors des débats concernant la loi de finances rectificatives (LFR), le 15 juin. Les opposants formant la coalition « des députés pour le changement », ont fait un bref comeback à Tsimbazaza, pour voter « l’ajournement » de l’adoption du texte. Ils n’étaient que « quinze », hier, pour adopter cinq projets de loi, concernant des accords de prêt pour le financement de divers projets comme l’appui à l’éducation de base, ou encore, le programme de développement des filières agricoles.
En tant que balise des actions gouvernementales, les parlementaires que sont les députés doivent examiner, évaluer et faire un suivi pointilleux de la pertinence et la portée de chaque initiative étatique. Surtout qu’il s’agit de projet qui endette la nation. Ce n’est pas la première fois que les députés de cette première législature de la 5e République brillent par leur absence de la salle de séance.
Un des exemples les plus criants est l’adoption par « dix-huit députés » du code de la communication. La première session de cette année 2018, qui prendra fin le 29 juin, connaît aussi un taux d’assiduité médiocre.

Changement
Le taux d’affluence dans la salle de séance de l’Assem­blée nationale, de prime abord, n’explose que lorsque des questions ou des textes à teneur politique peuvent entamer l’intérêt de leur obédience. Outre la loi de finances rectificative dernièrement, les autres exemples sont les débats et l’adoption houleux des textes électoraux.
Les autres moments où les élus sont, systématiquement, au complet à Tsimba­zaza, lorsque les séances sont retransmises en direct sur la radio et la télévision nationale. « La population nous a élus pour travailler. Aussi, nous sommes toujours présents même si les cent-quarante-sept autres sont absents », raille le député John Randriarimalala, hier, dans une publication sur sa page Facebook, à 11 heures, alors que la séance devait démarrer à 10 heures.
L’élu d’Antananarivo Atsimondrano a accompagné sa publication d’un selfie où à part lui, seuls les députés Michelle Ratsivalaka et Abel Razafimahatratra sont noyés dans une marre de chaises vides. En matière d’assiduité, ces deux derniers remportent, probablement, la palme. « Plusieurs députés sont pourtant présents, mais ils ne font que flâner dans les couloirs et au cafèteria », déplore le personnel de la Chambre basse. Pour cette première session, une circonstance atténuante qui pourrait être prise en compte est la crise politique.
« Les soixante-treize députés pour le changement » ont passé la majeure partie de la session à mener les manifestations. La salle presque vide, chaque jour, indique pourtant que « les soixante-dix-neuf élus de la majorité » ont profité de la crise pour sécher les travaux parlementaires. La lutte contre la corruption et « le changement » des mauvaises pratiques des hauts responsables politiques et adminis­tratifs, sont les leitmotivs martelés sur le parvis de l’Hôtel de ville d’Analakely.

Les élus « pour le changement » devraient aussi penser à faire une introspection. Surtout que leur fonction de parlementaire leur permet d’agir concrètement pour « le changement ». Comme le souligne Boto Tsaradia Lamina, directeur du SAMIFIN, « les discours ne suffisent pas pour lutter contre la corruption. Il faut agir ». Amender des textes, faire des propositions de loi sont des arsenaux à la disposition des députés pour changer les choses.
Les textes sur la lutte contre le recouvrement des avoirs et le blanchiment d’argent sont, pourtant, toujours au congélateur de l’Assem­blée nationale. Pareillement, les parlementaires ont le pouvoir de décortiquer les projets de loi de finances, procéder à des réajustements pour répondre aux revendications syndicales. Peu de députés lisent pourtant le texte budgétaire qui passe, invariablement, comme une lettre à la poste, sans amende­ment. Pour changer, il faudrait commencer par travailler et agir.

 

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