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Rapport d’activité du gouvernement – Les députés ankylosés

La séance d’échanges entre le gouver­nement et les députés a été ennuyeuse, hier.
Un rendez-vous qui s’est, une fois de plus, limité aux quémandages et compliments.

Soporifique. C’est l’impression laissée par le premier face-à-face entre les députés et le gouvernement, hier. Après une prestation d’une trentaine de minutes de Solonandrasana Olivier Mahafaly, Premier ministre, durant laquelle il a présenté son rapport d’activités, les députés n’ont eu comme réponse à apporter que doléances, quémandages et éloges.
« Nous vous demandons de faire… », « pourquoi n’aviez-vous pas encore fait… », « donnez-nous… », ou encore, « félicitation pour avoir fait… », « merci d’avoir accédé à notre demande de… ». Quelques exemples des formules consacrées de l’Assemblée nationale lors des rencon­tres avec le gouvernement. Des « maximes », une nouvelle fois largement reprises durant près de sept heures, hier. Au point que l’assistance non gouvernementale et non parlementaire s’est démobilisée rapidement. Même les membres du gouvernement ont peiné à cacher une lassitude montante.
Lorsque certains ont eu la bougeotte, d’autres ont passé le temps à tripoter leur téléphone, affalés sur leur siège. La pratique est, visiblement, devenue normale à la Chambre basse. Des députés le reconnaissent même, « les rencontres avec le gouvernement sont l’occasion de faire part des besoins de nos circonscriptions. C’est, également un moment pour nous illustrer auprès de nos électeurs et leur prouver que nous sommes au fait de leur besoins et des priorités de nos collectivités, car le rendez-vous est retransmis en direct sur les médias nationaux ».

Mission de contrôle
L’ironie faite par un député pour railler certains de ses pairs en pleine séance plénière, lors du discours-programme du locataire de Mahazoarivo, pourrait trahir la singularité de cette pratique face à ce qui devrait être la règle. « Vaut mieux que nous fassions part de nos suggestions par écrit, car nous savons ce qui va se passer si nous continuions avec des prises de parole. Certains vont profiter de la présence des médias nationaux pour tenter de faire leur show », avait lancé le député.
Après plus de deux ans de mandat, les élus de Tsimbazaza semblent toujours être en phase avec leur rôle de parlementaire, bien que les rappels de l’opinion et de la presse fusent au lendemain de chaque face-à-face avec l’Exécutif. Cela d’autant plus que la Constitution est claire sur le sujet. Outre sa fonction de législateur, l’Assemblée nationale « contrôle l’action du Gouvernement. Il évalue les politiques publiques ».
Concernant le rapport d’exécution de son programme que le gouvernement présente à la Chambre basse « en début de chaque première session ordinaire », la loi fondamentale n’est pas non plus avare en indication du comportement à adopter pour les députés. « La présentation sera suivie d’un débat portant sur les résultats des actions du Gouver­nement, et l’évaluation de la politique publique », dispose l’article 101 de la Constitution.
Dans son rapport, le Premier ministre s’est contenté de faire état des réalisations de son gouvernement depuis ses deux mois aux manettes de Mahazo­arivo. Aucune indication sur la manière dont est exécutée la politique de mise en œuvre (PMO), de la politique générale de l’État (PGE). Cela aurait pu être une ouverture pour les députés afin de réagir dans le sens de leur fonction de contrôle. Aucune question, pourtant, sur les moyens engagés, ou encore sur le cheminement du PMO et ses perspectives.
Le rendez-vous d’hier aurait pu être l’occasion d’en savoir plus sur le plan d’action et les moyens du « gouvernement de combat » de Solonandrasana Olivier Mahafaly, pour relancer le pays à l’échelle nationale. Les membres de l’Assemblée nationale ont, cependant, semblé se cantonner aux soucis locaux, sans égard des besoins et urgences nationales. Ils semblent omettre le fait que, même élus par circonscription, ils n’en sont pas moins des « députés de Madagascar ». De ce fait, la priorité dans l’hémicycle devrait être les sujets d’intérêts nationaux.

Garry Fabrice Ranaivoson