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Hommage – Mamy Nohatrarivo, une histoire humaine

Mamy  Nohatrarivo  avec  Jean  Claude  de  l’Estrac, ancien  secrétaire  général  de  la  COI.

C’est une immense plume qui nous quitte. De celle qui a écrit, en lettre de noblesse, l’histoire de ce journal. Rakoton­drajaona Mamy José Nohatrarivo, que les lecteurs de l’Express de Madagascar connaissent mieux sous sa signature: Mamy Nohatra­rivo, s’est éteint hier à l’âge de 72 ans a annoncé sa famille. La maladie a eu raison de lui.

Avant de déposer définitivement son calepin et son stylo, Mamy Nohatra­rivo, également surnommé affectueusement Mamy Kha par ses pairs, aura vécu bien des vies. Normalien, « il était prof de français avant que le virus de l’aventure ne l’atteigne. Bouvier nomade, salinier », raconte son ancien collègue Randy Donny, il a rejoint le desk de l’Express de Mada­gascar comme correcteur en 1996, puis s’est très vite imposé comme journaliste chevronné. Sa grande culture générale, l’aisance de sa plume est unanimement reconnue.

Les mille et une vies qu’il aura vécues ont certainement favorisé les reportages fleuves et ce regard affuté sur la société qu’on lui doit. «J’ai appris qu’il fasait partie des rares rescapés de l’accident du DC4 d’Air Madagascar, au décollage d’Ivato le 19 juillet 1964, qui avait coûté à notre ministre des Affaires étrangères de l’époque, feu Albert Sylla», raconte également sur Facebook son autre ancien collègue et ami Alain Andriamiandravola.

Arrivé sur le tard, Mamy Nohatrarivo aura traversé près de vingt années de journalisme à Madagascar. Il aura façonné Ao Raha, impulsé l’Hebdo de l’Express de Madagascar avant de passer la main. De lui, la jeune génération retiendra les conseils paternels et bienveillants qu’il partageait généreusement avec sa gouaille.

Forçat de la plume, otage de ses vieux démons qui l’ont accompagné le long de sa vie, il n’aurait sans doute pas renié Hugo lui disant : «maintenant, tu es libre.»