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Editorial

Transport, des services publics

Ils sont de retour. Les taxis-be, après un mois passé au garage, reprennent du service. Avec l’angoisse des usagers par les mesures préventives afin de juguler la propagation du coronavirus, toujours menaçant en dépit de cette nonchalance collective des Malgaches face à un danger réel. Le ministre de tutelle, Joël Randriamandranto, lors d’une longue intervention sur la chaîne de télévision nationale, a tenté de rassurer tout le monde. « Les principaux dirigeants des coopératives ont fait un geste appréciable. Ils ont accepté de maintenir leurs tarifs alors que le nombre des sièges disponibles va être réduit par l’interdiction d’utiliser les strapontins de l’allée centrale. Soit quatre passagers par banquette », expliquait-il.

Un mode d’emploi qui suscite des inquiétudes. Face à la forte demande, à ne pas en douter surtout aux heures de pointe, la tentation de passer outre cette disposition pour préserver la distanciation sociale va prendre à la gorge chauffeurs et receveurs. Il se peut aussi que ce soit les clients eux-mêmes, pressés de rentrer chez eux, qui vont encourager à braver cette interdiction. Joël Randriamandranto brandit le bâton des sanctions. « La moindre infraction à cette nouvelle organisation sera sanctionnée par une mise en fourrière des véhicules pris en flagrant délit ».

Soit. Mais sachant les mauvaises habitudes de ces transporteurs de masse, il est difficile de croire qu’ils vont adopter un autre état d’esprit. Longtemps habitués à l’anarchie, l’indiscipline et le laisser-aller, un changement de comportement de leur part relève de l’utopie. D’autant que la Pentecôte est encore loin pour que le Saint-Esprit les transforme en anges gardiens de leurs « otages » de tous les jours.

Combien de fois des petites gens victimes des maltraitances de la part de ces taxis-bêtes n’ont-ils pas exigé une touche d’amélioration de leurs offres. Mais les tas de ferrailles amortis depuis des années continuent de circuler, les itinéraires initiaux changent en cours de route, les courses poursuites à travers les rues étroites de la capitale ont fauché la vie de nombreux innocents, ils sont à l’origine des embouteillages monstres en transformant les abris en terminus…

En somme, ces cercueils ambulants foulent sous leurs pneus bien lisses les clauses du cahier des charges auquel ils sont soumis. Des inconscients leur ont dispensé des cours de bonne conduite, au propre comme au figuré, au campus de l’honorable université d’Ankatso. Avec les déplorables résultats comme retour. Le confinement a-t-il mieux agi dans leurs petites cervelles ?

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