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Relations bilatérales – Les îles soeurs à la conquête de l’Afrique

Les différentes possibilités de collaboration entre Maurice et La Réunion pour exploiter le potentiel du marché africain ont été élaborées lors des dernières rencontres Maurice-Réunion.

Elles sont côte à côte. Des voisines d’outre-mer qui partagent une histoire quasi-commune mais une évolution économique, démographique et politique différente. Semblables de par leur petite taille et leur insularité, La Réunion et Maurice veulent aller ensemble à la conquête du marché africain.
C’était la thématique de la cinquième édition des rencontres Maurice-Réunion autour du développement durable et du financement de projets pour l’Afrique.
Cette conférence a eu lieu les 13 et 14 avril à La Réunion. Cette initiative du Club Export Réunion (CER) en collaboration avec la Chambre de commerce et d’industrie France-Maurice (CCIFM) a pour objectif de promouvoir les relations économiques et les partenariats entre les îles soeurs. Si le développement durable est le thème récurrent, voire la base même de ces rencontres, cette fois-ci c’était l’Afrique qui était au centre des discussions.
«Une France et une Europe à l’échelle miniature avec tous ses avantages.» C’est en ces termes que François Mandroux, premier vice-président du CER et commissaire des rencontres, résume la force économique de l’île de La Réunion dans l’océan Indien.

Partenariat équilibré
Qui dit région française et européenne, dit également haut niveau de qualité tant au niveau des produits que des services notamment en termes d’infrastructures, d’énergie, de connectivité, d’éducation, de santé, du climat des affaires ou encore de la sécurité juridique, entres autres (…)
Maurice dispose, pour sa part, d’un accès privilégié au continent africain à travers les marchés du Comesa et de la SADC, entre autres. Autres attraits de Maurice : son économie hautement diversifiée, avec un secteur financier dynamique tourné vers l’Asie et l’Afrique, un secteur touristique en croissance constante et un secteur manufacturier de l’exportation qui parvient tout de même à maintenir le cap malgré les difficultés du commerce mondial et l’impact des produits importés. (…)
Au niveau du continent africain, Maurice est également signataire de 19 traités de non-double imposition et de protection de l’investissement.
Mais les similitudes entre les deux pays sont tout aussi évidentes. À l’instar de la petite taille des marchés. Et pour cause, tout comme Maurice, le marché intérieur réunionnais demeure très limité, l’île n’abritant que 800 000 habitants, soit 500 000 habitants de moins que Maurice. Ce qui rend son expansion économique difficile. Raison pour laquelle l’île sœur souhaite développer davantage son secteur d’exportation, notamment sur la région africaine. Mais n’étant pas membre des zones économiques africaines telles que le Comesa et la SADC, l’île sœur peine à profiter du potentiel des marchés africains. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles elle souhaite s’associer à Maurice pour aller en Afrique. Quel serait l’apport de La Réunion pour Maurice dans cette collaboration   «Sous forme de partenariat équilibré, La Réunion peut ouvrir aux Mauriciens ses programmes de recherche et l’utilisation de ses plateaux techniques et scientifiques d’excellence comme par exemple le Cyclotron, le Cirad (centre de recherche agronomique), le Critt (centre de recherche et d’innovation technologique), ou encore ses modèles de développement d’innovation tels que le Qualitropic ou encore la Technopole», avance Gilles Couapel, Président du CER.
Notre interlocuteur fait aussi ressortir que les réseaux consulaires de la Réunion, via la France, sont très bien implantés sur le continent. «La francophonie est un véritable atout pour conquérir l’Afrique de l’Ouest. Sans parler de la force de l’implantation et des compétences du réseau Business France», fait-il ressortir. La complémentarité et les perspectives de développement en commun sont donc évidentes pour nos interlocuteurs.

Label océan Indien

Pour aller ensemble exploiter le potentiel du marché africain, la présidente de la CCIFM, Catherine Dubreuil-Mitaine, préconise des missions conjointes Maurice-Réunion avec le soutien des différentes institutions et associations réunionnaises et mauriciennes tels que le Board of Investment et le CER, entres autres.
Elle voit aussi des opportunités de capitaliser sur les zones économiques spéciales que développe Maurice sur le continent africain. «Les opérateurs réunionnais peuvent ainsi investir via des véhicules d’investissement à Maurice et bénéficier de ces opportunités de croissance en Afrique», souligne-t-elle. (…)
Fait important : bien que la collaboration concerne principalement Maurice et la Réunion, les deux îles voient plus loin. «On rêve d’une marque label «made in océan Indien» car, au-delà de notre partenariat bilatéral, nous devons aussi associer les autres îles de l’océan Indien et notamment Madagascar, pour mettre notre région, nos savoir-faire et nos talents «on the map», expliquent Gilles Couapel et François Mandroux. (…)

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