NAUFRAGE À AMBILOBE - Quinze personnes envoyées en prison


La première enquête de la gendarmerie sur le naufrage qui a coûté la vie à trente-deux migrants clandestins à Ambilobe s’est soldée par l’incarcération de quinze suspects. Dix-huit personnes ont été traduites au parquet d’Antsiranana, lundi, dans le cadre de l’enquête sur l’accident maritime faisant trente-deux morts dans le district d’Ambilobe. Quinze ont été mises sous les verrous. Les trois autres, rescapées du naufrage, ont bénéficié d’une liberté provisoire. Une quatrième miraculée, une jeune femme de 27 ans, n’a pas pu se présenter car elle est toujours à l’hôpital. Elle était soignée au centre hospitalier de référence du district d’Ambilobe depuis le 14 mars avant d’être transférée avant-hier et surveillée par des gendarmes à l’établissement Manarapenitra d’Antsiranana.Une habitante de Diégo Hely-Nosy Be a parlé dans le dossier en tant que témoin. Elle est la tutrice d’une fillette de deux ans décédée dans la tragédie. Après plusieurs heures d’examen, l’affaire a été passée en instruction. La décision judiciaire n’a été rendue qu’à 22h55. Parmi les prévenus, deux seraient les organisateurs du transport clandestin des migrants vers Mayotte. L’un vit à Nosy Faly et l’autre à Ankazom­borona, du district d’Ambilobe. De mèche Cinq sont poursuivis pour connivence avec eux et surtout complices de la fuite des rescapés et de l’équipage. Un y est pour complicité avec les passagers, pour traite et trafic de la pauvre gamine. Les autres sont des migrants, inculpés d’embarquement clandestin. De plus, ils ont été de mèche avec les organisateurs cités. Le dernier bilan du naufrage s’est arrêté à trente-deux morts et quatre rescapées retrouvées et enquêtées par les gendarmes. Il y aurait plusieurs d’autres survivants, mais qui ont pris la fuite pour échapper à la justice. « Nous poursuivons toujours la recherche au cas où il y avait encore d’autres corps sans vie », affirme la gendarmerie. Ceci n’est d’ailleurs qu’un premier résultat, car beaucoup reste à faire, tant que le réseau mafieux auteur de ce transport juteux des clandestins vers Mayotte ne soit pas dénoyauté. Non seulement des trafiquants de cargaison humaine, mais également des produits de mer, alimentaires et des boissons alcoolisées, comme le prouvent les récentes saisies réalisées par les autorités portuaires à Nosy Be et à Ambanja.
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