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Chronique

Toujours la possibilité d’une île

La vice-présidente des États-Unis d’Amérique, elle même première femme et première femme de couleur à occuper un tel poste, a félicité la première femme à devenir Présidente de la République de Tanzanie.

Rien de bien exceptionnel sauf que cette solidarité féminine internationale a attiré mon attention sur un pays avec lequel Madagascar partage un Canal (dit de Mozambique). Ce bras de mer constitue un mur plus qu’une passerelle entre l’île de Madagascar et le continent africain et ce n’est pas souvent que cette Chronique parle de ce qu’il y a de l’autre côté de cette mer, «an-dafin’ny riaka».

Depuis 1964, le Tanganyika continental et Zanzibar sont associés dans la Tanzanie. En mai 2012, deux églises avaient été incendiées sur l’île de Zanzibar, à l’instigation d’une organisation islamiste qui milite également pour la séparation de Zanzibar, très majoritairement musulmane, d’avec la Tanzanie plus majoritairement chrétienne. Depuis 2001, comme le rappelait le chef de l’église anglicane de Tanzanie, vingt-trois bâtiments chrétiens avaient été incendiés dans l’archipel zanzibarite.

La Tanzanie appartient à cette même région est africaine avec façade maritime sur l’Océan Indien que la Somalie, le Kenya et le Mozambique. En Somalie, le groupe terroriste islamiste al-Shabaab s’applique déjà très officiellement à éradiquer toute présence chrétienne. Prétendant exporter la charia appliquée en Somalie, la mouvance islamiste ansar al-sunna, chassée du Kenya (2015) et de Tanzanie (2017), sème désormais la barbarie fanatique dans le Nord du Mozambique, le long de la frontière avec la Tanzanie: les islamistes avaient massacré 50 jeunes du village de Xitaxi qui refusaient d’embrasser l’islam (7 avril 2020); à Nangololo, l’église, le presbytère, le couvent des religieuses et le dispensaire, étaient saccagés par les islamistes (novembre 2020).

À l’initiative de la Coordination Chrétiens d’Orient en Danger (CHREDO), la «Proclamation de Paris» était signée le 11 décembre 2018 par de nombreux primats chrétiens, grands imams, muftis et cheicks musulmans, proclamant notamment le droit inaliéanable des «Chrétiens d’Orient, Yézidis et autres minorités persécutées, les plus anciennes composantes de cette région» à y vivre et y pratiquer librement leur religion. C’est à leur rencontre, ou de ce qu’il en reste (l’Irak comptait 2 millions de Chrétiens en 1977, contre une estimation de moins d’un demi-million en 2021), que le Pape François s’était rendu dans la région, au début du mois de mars.

En septembre 2019, le Pape avait également visité le Mozambique. Dans cette Afrique est-africaine, déjà proche et encore lointaine, les Chrétiens sont également en danger. Ayant adhéré, sans trop de précautions, à de multiples organisations africaines, Madagascar pourrait reconsidérer d’autres thématiques dans un agenda régional qui tient peu, ou pas du tout, de notre point de vue insulaire.

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