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Editorial

Mass-merdia

Happy bluff day. Non, L’Express a réellement vingt-six ans aujourd’hui. Un anniversaire qu’on se garde bien de fêter en grande pompe vu la conjoncture et la crise sanitaire mais qu’on salue chaleureusement dans un contexte difficile. Comme toutes les entreprises, la presse écrite a été frappée de plein fouet par le confinement. Considéré par les autorités comme produits non essentiels, les journaux ont été interdits de vente au début du confinement, il a fallu lutter nec et ongles pour qu’elles admettent le contraire. Les crieurs ont été pourchassés. La vente a été limitée de six heures à midi. Il a donc fallu réduire le nombre de tirage, le nombre de personnel pour réduire les charges, adopter le télétravail.

C’est un décret vieux de trente ans qu’on a ressorti pour définir les produits essentiels. La fabrication du journal se faisait dans des conditions draconiennes. Aller au journal et rentrer le soir était un véritable parcours du combattant avec les barrages des forces de l’ordre espacés de cent mètres à certains endroits et qui ne sont pas souvent du même avis. Rentrer chez soi était un véritable soulagement. L’exercice durait plusieurs mois. Le journal vivotait avec la baisse des ventes et surtout la baisse des annonces publicitaires, faute d’activité.

Avec la fin du confinement, la situation s’est améliorée petit à petit et on a pu passer l’année 2020 sans trop laisser de plume. On avait espéré du mieux en 2021 mais la nouvelle année commence par la gesticulation de l’opposition qui se sert des difficultés sociales diverses pour secouer le pouvoir. Dans ce bras de fer et comme dans toutes les crises politiques précédentes, la presse et les journalistes sont pris en sandwich. L’engagement de certains journalistes va au delà de ce que permet les limites de la déontologie. Dans les deux camps on dépasse les bornes et oublie les fondamentaux. Au lieu d’être des véhicules de l’apaisement, des journalistes mettent de l’huile sur le feu. Certains ont du répondre à la convocation de la police pour diffusion de fausse nouvelle et diffamation par voie de presse.

La situation est devenue délicate pour la presse. Elle se trouve sur le fil du rasoir et elle a intérêt à se ressaisir pour que cesse la considération des journalistes comme des mercenaires de la plume et surtout du micro et la presse comme mass-merdia.

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