Editorial

Quarton plein

Un quart de siècle. Eh oui, L’Express de Madagascar fête aujourd’hui son vingt-cinquième anniversaire. C’est relativement long mais, pour un journal c’est loin d’être synonyme de longévité ou d’ancienneté. Mais que de chemins parcourus pendant ces 25 ans au cours desquels L’Express n’a cessé de s’améliorer dans une conjoncture de plus en plus difficile, d’une année à l’autre, d’un régime à l’autre, d’un président à l’autre.
On a vu défiler sept régimes et six chefs d’état qu’on a traités de la même façon sans complaisance et sans état d’âme. Mais on n’a jamais versé dans le militantisme pour chasser ou maintenir un président au pouvoir même si, parfois, on a dû jongler entre les susceptibilités à fleur de peau des uns et aux suffisances des autres. Un titre, une photo peut faire qualifier un journal d’opposant ou d’être à la solde du pouvoir. Un autre titre, le lendemain, change complètement l’opinion des lecteurs.
Le drame est qu’un journal ne peut jamais être neutre et objectif aux yeux de l’opinion. Soit on est pour, soit on est contre le pouvoir. Pourtant, on n’aime pas non plus une presse partisane ou des journalistes partisans. L’histoire a retenu des journalistes séquestrés ou menacés, des sièges de journaux, de radios ou télé incendiés durant les différentes crises.
La presse n’a jamais été épargnée par les crises successives vécues par le pays mais elle a toujours assumé son rôle. Elle reste un témoin vivant de l’histoire, un acteur incontournable du changement, un ange gardien de la démocratie, un revendicateur de changement, un lanceur d’alertes à retardement.
Mais il faut dire que la presse s’est vu supplanter par les réseaux sociaux dans son rôle prétentieux de quatrième pouvoir. Le vrai président aujourd’hui, c’est le général de corps d’armée Facebook. L’état lui doit obéissance aux doigts et à l’œil. Impossible de résister à sa volonté et à son omnipotence. La dictature des réseaux sociaux est la nouvelle démocratie.
L’Express peut être fier de son parcours dans ce contexte compliqué. Il est parvenu à son objectif d’être un journal de notoriété et de crédibilité sur tous les plans malgré la concurrence féroce avec la nouvelle technologie de l’information qui constitue une menace réelle pour la presse. Les chiffres de vente et la part de marché publicitaire le prouvent.
Des projets de développement sont en cours pour appréhender les vingt-cinq prochaines années. C’est un impératif pour ne pas disparaître, faute d’avoir anticipé le cours des événements. On a la chance d’avoir 97% des enfants de moins de 10 ans qui ne savent ni lire ni écrire. On espère qu’avec l’appui des bailleurs de fonds dans ce domaine, ils constitueront un immense réservoir de lecteurs. Le pourcentage équivaut à presque dix millions de personnes. Si le vœu est exaucé, on sera le journal qui a le plus grand tirage au monde. Un quarton plein.

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