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Magistrature – La Justice à la reconquête de crédibilité

Les ministres de la Justice, de la Défense et le secrétaire général à la Gendarmerie, lors de la rencontre d’hier.

Un mea culpa. C’est ce que Johnny Richard Andriamahefarivo, ministre de la Justice, a fait devant la presse, hier.
À l’issue d’une rencontre avec les responsables du ministère public de toutes les juridictions du pays à l’École nationale de la magistrature (ENMG), Tsaralalàna, il a reconnu que l’image de la Justice n’avait de cesse de se dégrader.

« Trouver le moyen de rétablir l’image de la Justice et la confiance de la population envers le système judiciaire est justement l’objet de ce rendez-vous », a déclaré le ministre, en conclusion d’un entretien avec la presse. « Un nouveau souffle, un nouveau départ », pour le système judiciaire sont les objectifs de la journée d’hier, à l’ENMG à entendre le garde des sceaux.

Une étape dans un plan de reconquête de la confiance de la population, de prime abord.

Cette messe des procureurs à l’ENMG a été précédée par celle des acteurs de l’administration pénitentiaire en poste à la maison centrale d’Antanimora, jeudi. Une occasion pour le ministre de la Justice « d’essayer », de remettre les pendules à l’heure avec ces derniers. Pour redonner un nouveau souffle au système judiciaire, « il faut une réorganisation, une nouvelle politique », a déclaré le ministre de la Justice, hier.

À l’ENMG il a donc, été question d’une nouvelle politique pénale du ministère de la Justice.

Rectifier les errances, mettre fin aux abus et annihiler la corruption sont des défis systématiques pour rétablir la confiance des justiciables envers le système judiciaire. L’un des sujets majeurs discutés, hier, est la manière de rétablir la confiance de la population envers la justice pénale.

Ces challenges ont été réitérés, hier et avant-hier, par Johnny Richard Andria­mahefarivo, à l’instar de ceux qui l’ont précédé à la tête du ministère de la Justice, depuis les dix dernières années, au moins.
Prise de conscience individuelle

Ces défis restent, pourtant, toujours d’actualité malgré l’intransigeance affirmée par les ministres. Et comme le reconnaît le ministre Andria­mahefarivo, aucune juridiction dans le pays ne semble épargnée par ces maux. « Partout où nous allons, on nous fait part du même constat », a-t-il indiqué, hier. Les faits d’actualité, par ailleurs, renforcent les appréhensions du public sur la corruptibilité et la partialité du système judiciaire.

Il y a les faits où des personnes, en principe, en détention qui se retrouvent appréhendées hors des prisons pour acte de banditisme.

Dernièrement, la crédibilité des tribunaux a été mise à mal par la mise en liberté provisoire du désormais ancien député Ludovic Raveloson dit Leva, par la Cour d’appel de Toliara. Cette affaire a conduit le ministère de la Justice à suspendre le procureur général de la Cour d’appel de Toliara et son substitut.

Ces magistrats n’auraient pas tenu compte du principe de subordination hiérarchique des magistrats du ministère public.
Le procureur suspendu a, pourtant, été installé en décembre. La consigne du précédent garde des sceaux aux chefs de juridiction, notamment, ceux du ministère public a été de renforcer la crédibilité de la Justice.

L’amélioration de la méthodologie et la qualité du travail, bien motiver les décisions de justice afin qu’elles soient le plus clair possible et limiter les marges de contestation sont les voies identifiées par la précédente équipe ministérielle pour rétablir la crédibilité.

Cette fois-ci, une nouvelle politique pénale sera mise en œuvre. Les faits récents indiquent, pourtant, qu’une réorganisation ou une nouvelle politique ne semble pas suffire pour reconquérir la confiance du public.

Les acteurs du système judiciaire, notamment, les magistrats ont, également, une part de responsabilité importante. L’attitude, le comportement et les mauvaises pratiques imputés à certains, est pour beaucoup dans le délitement de l’ima­ge de la Justice.

Un point dénoncé par le ministre Andriamahefarivo lors de sa prise de fonction. Pour y remédier, une prise de conscience individuelle est, pourtant, nécessaire.

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