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Antsiranana – Le chauffeur de l’archevêque inculpé de vol

Le Tribunal d’Antsiranana a renvoyé le procès  du chauffeur de l’archevêque au 10 mars .

Ce qui s’est passé avant-hier au Tribunal de première instance d’Antsiranana était un événement inattendu et inhabituel au sein du diocèse de l’Église catholique d’Antsiranana. Ainsi, la salle d’audience était bondée. Il s’agit exactement d’une affaire opposant l’archevêque, Benjamin Ramaroson à son chauffeur personnel, Dieu Donné Ramanambohitra.

Selon nos recoupements, l’homme d’Église a déclaré avoir perdu 30 000 euros. Cette somme d’argent était dans sa chambre à coucher, dans une mallette fermée et placée dans une armoire. Il a accusé son chauffeur et le fils de celui-ci comme auteurs du vol.Lors de cette audience, l’archevêque a été représenté par son avocate. De plus, son témoin n’a pas comparu, mais a envoyé une procuration. C’est pour cette raison que l’audience a prononcé un renvoi au 10 mars prochain.

« Pourquoi l’évêque n’est-il pas venu ? Était-il gêné de comparaître devant le tribunal ? Ou voulait-il que son chauffeur croupisse en prison ? », s’est exprimé le président, sans mâcher les mots mêlés d’ironie de sa part. Il s’est même adressé aux religieux présents que c’était un jugement humain et non pas une affaire d’église.

Selon nos sources, le chauffeur est en détention préventive depuis six mois. Il a fermement nié les allégations parce qu’il n’avait aucune autorisation d’entrer dans la chambre du Monseigneur. Seuls une religieuse et un prêtre-économe sont autorisés car ils détiennent la clé. Selon le chauffeur, il n’a pas accès à cette chambre sauf s’il est envoyé par l’évêque pour prendre une montre oubliée ou pour récupérer des sandales. De plus, son accès dépend essentiellement de l’autorisation de ces personnes responsables. Mais certaines de ces dernières n’ont pas fait l’objet d’une enquête, pourtant la maison n’a pas été cambriolée.

Influence

« Une femme, propriétaire de l’entreprise qui construit la chapelle Christ Roi, est entrée dans la chambre à coucher au moment de la perte, mais a été considérée comme innocente parce qu’elle est riche. Le même jour, des gens ont accroché des photos des saints sur les murs de la chambre, mais ils n’ont pas été enquêtés », a déclaré l’épouse du chauffeur qui a adressé une lettre de doléance, racontant les faits auprès du cardinal et du Nonce Apostolique.

Un avocat, membre de l’Aumônerie des prisons, a décidé de mener au fond l’enquête en faveur du chauffeur. Selon l’homme de loi, la procédure suivie n’est pas claire dès le départ.

« L’archevêque a directement appelé les policiers pour arrêter son chauffeur et il a passé sept jours en garde vue (du 19 au 27 juin 2019). Sous son influence, les policiers et quelques juges ont fait des choses illégales » a souligné l’avocat du chauffeur, interrogé lors de l’audience. Et d’ajouter qu’après deux comparutions devant le juge d’instruction sur la même affaire, les sept personnes impliquées dans ce vol ont obtenu une liberté provisoire. Mais lors de la troisième comparution, seuls le chauffeur et son fils de 20 ans ont été placés en mandat de dépôt.

« Leur maison a été perquisitionnée, et les comptes en banque, d’Orange money et de Mvola ont été vérifiés, mais les enquêteurs n’ont rien trouvé pour justifier qu’ils sont coupables », a-t-il continué.

Quant à la version des proches de l’archevêque, surtout celle de son avocat, le chauffeur était complice de son fils pour réaliser cet exploit. Leur prospérité soudaine était suspectée, surtout l’acquisition de taxi Bajaj et la construction d’une maison.

 

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