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Editorial

Or blanc

Le riz, le médicament, l’électricité. Trois produits courants dont le prix a monté ces derniers temps. Le prix du riz continue d’ailleurs d’atteindre le sommet sous l’œil impuissant des autorités. Après une tentative de représailles contre les soi-disant spéculateurs elles ont abandonné la partie.

Depuis la seconde République, aucun régime n’a réussi à maîtriser le prix du riz. L’annonce de l’arrivée d’une cargaison de 7000 tonnes n’a aucun effet sur les prix. La mise aux normes des outils de mesure est une maigre consolation que les marchands saluent avec sarcasme. Le fait est que tant que la production n’arrive pas à satisfaire la demande, le marché restera difficile à contrôler.

Durant la première République, Madagascar était exportateur d’une certaine variété de riz. Le seconde République avait pour ambition l’autosuffisance alimentaire tout en supprimant les centres semenciers qui existaient à Marovoay, Alaotra, Bezaha… Commença le déclin. Entre l’objectif et la stratégie, il y avait loin de la coupe aux lèvres. Depuis, on n’a pas réussi à remonter la pente malgré plusieurs tentatives pour augmenter le rendement à l’hectare avec des variétés de riz importées et des techniques novatrices.

Ce n’est pas aujourd’hui où on remblaie les rizières, où les surfaces rizicoles diminuent d’une année à l’autre, où la pluviométrie tend vers moins l’infini, où l’artemisia a chassé le riz que l’on peut améliorer la situation.

Actuellement le kilo de riz se vend à 3000 ariary dans certains endroits. Un prix prohibitif pour beaucoup de gens mais qui est loin d’être un prix plafond à l’allure où vont les choses. Le riz est simplement devenu l’or blanc, objet de convoitise et de spéculation.

Le quotidien se complique davantage pour la population avec la hausse du prix des médicaments en ce début d’année. La hausse est tout simplement astronomique avec un taux moyen de 50 %. Autant les autorités s’acharnent sur les détaillants du riz, autant elles sont pratiquement passives devant les grossistes répartiteurs de médicaments. Ici la sévérité des prix prend tout son sens sans que personne ne soit inquiétée.

Tout comme le riz et l’électricité, les médicaments constituent également un produit stratégique et sensible. Mais les distributeurs font à leur guise sans état d’âme que l’ariary soit en bonne ou en mauvaise santé. Les hôpitaux publics seront plus que jamais un mouroir avec des médicaments inaccessibles aux petites bourses. Et cela n’augure rien de bon avec la deuxième vague de corona qui menace. Cette fois, beaucoup ne pourront pas lutter à armes égales avec le virus.

Sans riz et sans soins, la chance de survie se trouve de plus en plus réduite. Elle aurait pu être carrément anéantie si la hausse du prix de l’électricité n’avait pas été stoppée par l’État. Ç’aurait été le coup d’estoc pour la population déjà sur les genoux. Et dans cette grisaille, les sénateurs ont le toupet de s’arroger de trente assistants. N’avait pas-t-on pas dit que c’est une institution budgétivore tout à fait inutile?

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