Accueil » A la une » Désobéissance civile – Trois morts dont un gendarme à Ambatondrazaka
A la une Faits divers

Désobéissance civile – Trois morts dont un gendarme à Ambatondrazaka

Les deux agents forestiers rescapés ont raconté les actes de barbarie dont ils ont été témoins.

Un adjudant-chef envoyé pour procéder à l’arrestation de pilleurs de réserves naturelles a été tué par le fokonolona. Les affrontements ont fait deux autres morts, dont un mercenaire recruté par des villageois.

Bain de sang à Amparibolana Besakay Ambatondrazaka dans la matinée d’avant-hier. Le bilan fait état de trois morts et quatre blessés. Parmi les personnes ayant trouvé la mort figure le gendarme principal hors classe (NDLR : adjudant-chef) Lahatra Rahajarison, de la brigade territoriale de Besakay ainsi qu’un Zazamena (NDLR : milicien payé par la population locale pour protéger leur village). Un frère d’arme du défunt gendarme, une autre milicien ainsi que deux agents forestiers sont pour leur part blessés.

Une exploitation illicite d’aire protégée par défrichement de réserve naturelle a ouvert la boîte de pandore. Sur réquisition de la direction régionale de l’Environnement et du Développement durable à Alaotra Mangoro, le défunt sous-officier, son frère d’arme rescapé ainsi que deux agents forestiers se sont dépêchés à Amparibolana, où les actes en question ont été signalés. En arrivant sur place, ils ont procédé à l’arrestation de deux suspects d’après les informations communiquées par le secrétariat d’État de la gendarmerie nationale. Vers 10 heures, la délégation allait regagner le chef-lieu de commune après avoir constaté la surface déboisée en présence des suspects lorsqu’elle a été interceptée par une horde d’individus en état d’énervement, sous la houlette de quelques Zazamena.

Dictat du fokonolona

La foule en furie, prête à toute éventualité, a dicté sa loi en réclamant la libération des deux villageois interpellés. Devant un risque d’affrontement de plus en plus accru, les deux gendarmes poussés jusqu’à leur dernier retranchement ont cédé à la pression pour relâcher les deux individus incriminés. Prenant ce geste pour de la faiblesse, l’un des Zazamena s’est déchaîné à coups de hache sur le gendarme principal hors classe Lahatra Rahajarison. Lorsqu’il fut à terre, une cohue d’individus brandissant hache et coutelas s’est ruée vers l’adjudant-chef et ses compagnons selon les informations communiquées.

Bien que livrés à eux mêmes, les compagnons de l’adjudant-chef tombé ont tant bien que mal essayé de retrouver l’arme de ce dernier, perdu pendant le cafouillage, tout en tentant de prendre la fuite. Chargés par les poursuivants, le gendarme survivant a fait des tirs en l’air. En repoussant le fokonolona qui continuait à avancer dangereusement, il a mortellement blessé un individu. Désemparés, les survivants ont tenté de se réfugier dans les broussailles mais la horde de villageois en furie ne les a pas lâchés d’une semelle. Devant cette situation, le gendarme rescapé a ouvert le feu, tuant un Zazamena et blessant un autre. Capturés, le gendarme et ses deux compagnons d’infortune ont été maltraités et obligés de se mettre à genoux. Six gendarmes venus de Soalazaina sont venus à la rescousse pour essayer de leur prêter main forte sans pour autant réussir à tenir tête au fokonolona. Selon le rapport, un Zazamena s’est mis entre le fokonolona et les trois missionnaires de telle sorte que ces derniers échappent au lynchage à mort.

Les villageois ont catégoriquement refusé la libération du gendarme et des deux agents forestiers jusqu’à ce que le maire de Besakay intervienne. Le commandant du groupement de la gendarmerie nationale de l’Alaotra Mangoro s’est dépêché sur place avec un effectif renforcé pour récupérer les rescapés. Jusqu’à 800 hectares de surfaces boisées sont détruites dans la réserve de Mandanivatsy à cause d’ exploitations illicites.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter

Voir aussi