Chronique

Découverte – L’Analamanga, un autre tourisme

Au début l’Analamanga, l’Itasy et le Bongolava relevaient d’un seul Office du Tourisme. C’était somme toute assez logique puisque sur plusieurs plans, allant de la géographie physique à la composante humaine, ces régions pouvaient être considérées comme les éléments complémentaires d’un même ensemble. Riche de ses paysages volcaniques, l’Itasy a choisi de voler de ses propres ailes, et l’Office s’est désormais concentré sur la seule Analamanga qui est loin d’être une portion congrue.

Les recommandations du tourisme solidaire trouvent un champ d’application tout indiqué dans ces campagnes de l’Imerina, en ce sens que c’est un tourisme qui ne profite pas qu’aux seuls visiteurs. Les offres de randonnée y tiennent une place importante, et chaque sortie voit une importante participation d’étrangers de passage ou résidents. S’y ajoutent des nationaux désireux de redécouvrir leur propre identité.

Parmi les destinations prisées, on citera des localités comme Ambatomanga, Antsahadinta, Babay et Lohavohitra, Iharanandriana, Ambohidrabiby, ou encore Ambohimanga « autrement » via Lazaina et Amboatany. Les randonnées dans l’Analamanga sont à dominante culturelle et historique. Leur réussite dépend donc d’un certain nombre de critères à remplir, comme l’accessibilité, les centres d’intérêt, le concours d’interlocuteurs ayant une bonne connaissance de la destination.

La randonnée dans la campagne d’Analamanga est un sport « soft », sain, et instructif. Choisir pour choisir, pourquoi ne pas parler de Lazaina, à une poignée de kilomètres après Sabotsy-Namehana ? Ce village possède les plus beaux Tamboho, ces murs de protection en terre battue qui défient le temps alors que les demeures qu’ils étaient censés protéger ne sont plus que ruines quand elles n’ont tout simplement pas disparu. Après Lazaina, le village de Iavoambony est celui où l’on fabriquait du savon noir avec du suif et une plante dont la combustion donne une sorte de sel qui atténue le piquant du tabac à chiquer.

Toujours dans cet Avaradrano, berceau de l’histoire de l’Imerina, consacrons du temps à l’ensemble Antsomangy- Ambodifahitra-Ambohidrabiby. Cette « Colline de Habib » fut en son temps un pôle célèbre pour le talent de ses artisans. À Antsomangy se trouve la maison familiale du grand poète francophone, Flavien Ranaivo, dont l’ancêtre Rasatranabo, également diplomate, fut un des traducteurs de la Bible en malgache avec une prédilection pour l’Évangile de Luc.

« Tout le monde a la pluie, mais Antsahadinta a en plus la rosée. » À l’opposé de l’Avaradrano, au Sud de la capitale, la Colline Sacrée d’Antsahadinta est classée site historique et touristique depuis 1937. Vingt ans plus tard en 1957, un de ses natifs eut l’idée d’y créer un Syndicat d’Initiative. Le site est dominé par le tombeau-pirogue du fondateur, Andriamangarivo. À l’emplacement du Rova, le Syndicat d’Initiative a construit un petit musée où sont notamment exposés un « filanjana », le lit de Rabodozafimanjaka, une des épouses d’Andrianampoinimerina, ainsi qu’un alambic rappelant qu’Antsahadinta fut un haut lieu de la distillation du « toaka gasy », un alcool traditionnel. Mais une des curiosités d’Antsahadinta est cet arbre royal « amontana » et ce « hasina » parfaitement encastrés l’un dans l’autre. En mémoire de quelle belle histoire du temps passé?

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