A la une

Agriculture – Un biopesticide mis au point

Annonce de la découverte du biopesticide biodégradable pouvant tuer les chenilles légionnaires par le MAEP.

Des recherches ont porté leurs fruits et des pesticides plus efficaces peuvent désormais tuer les destructeurs de maïs.

Lueur d’espoir. L’invasion des chenilles légionnaires n’a pu être maîtrisée depuis près de deux ans. Mais des chercheurs malgaches de la Fofifa, de l’école supérieure d’Agronomie (ESSAGRO) de l’université d’Antana­narivo avec l’appui des experts de la FAO et du ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche (MAEP), ont découvert un produit biologique de lutte contre les chenilles légionnaires d’automne. Un biopesticide biodégradable a été annoncé par le ministère comme ayant fait ses preuves pour repousser les insectes destructeurs.

« La menace est maîtrisée. Les tests ont prouvé que la bactérie naturelle Bacillus Thuringiensis, endémique à Madagascar est capable de tuer les chenilles légionnaires d’automne. Mélangée avec une quantité de 50g de riz blanc, la bactérie peut recouvrir 1ha de champ de maïs », a fait savoir Lucien Ranarivelo, ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, vendredi dernier.

La propagation des papillons a difficilement été maîtrisée vu que ceux-ci peuvent effectuer 200km de déplacement. De plus, le cycle de vie d’une chenille atteint 24 à 36 jours. Elle peut ainsi s’étendre vers d’autres cultures que le maïs. La lutte dite « intégrée » a été vulgarisée afin d’atténuer les impacts de la destruction, en combinant le labour avec l’utilisation du semis en ligne et à l’application de fertilisants de matière organique ou d’urée. Les plantes dans des sites pilotes tels que Vatomandry, dans la région Est, sont indiquées être plus vigoureuses et tolérantes aux attaques des chenilles légionnaires.

Effet d’annonce
Rien qu’à constater les commentaires qui fusent sur les réseaux sociaux sur cette découverte, nombreux sont ceux qui demandent à obtenir les biopesticides le plus vite possible. « Vu que le maïs importé sera taxé à partir de l’année prochaine, ce qui constitue une certaine opportunité, nous avons intérêt à améliorer notre production locale, car c’est un produit très demandé. Aussi, tout ce qui peut tuer ces chenilles nous intéressent », argue entre autres Fabien Ratsimietry, agriculteur dans la région Bongolava. À Antanimieva, une des communes productrices de maïs dans la région Sud-Ouest, l’espoir se ravive. « Nous ne demandons que ça et ce depuis longtemps. Quand pourrait-on en obtenir ? », demande Ratoeja, un cultivateur de maïs qui a préféré se focaliser sur les légumineuses cette année. Aux explications des responsables, la recherche sur cette découverte n’est pas encore parfaitement mise au point car « est encore ouverte à d’autres institutions ». Aussi, le déploiement des produits dans les régions n’est-il pas pour demain. « La mise au point concerne des études approfondies pour plus d’efficacité. Il ne faut pas oublier que la plupart des pesticides que nous utilisons à Madagascar sont importées. Les formes, les contenants, la mise en échelle demandent ainsi du temps », explique un responsable.