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PARTI AVI – Ratsirahonana lâche la barre

Norbert Lala Ratsirahonana a présenté le triumvirat qui assure la présidence collégiale de l’AVI, à Toamasina. 

Le président national du parti AVI passe la main. La formation politique sera dirigée par un collège des présidents en attendant son congrès national. Un triumvirat. Ce sera désormais le format de la présidence du parti “Asa vita no ifampitsarana” (AVI). Une présidence collégiale, à trois têtes, qui prend le relais de Norbert Ratsirahonana, président national sortant de l’AVI. Coup de théâtre durant le meeting du parti AVI, à Toamasina.

Norbert Lala Ratsirahonana a profité de cet événement organisé afin de redynamiser la base des jaunes dans la région Atsina­nana, pour annoncer qu’il se retire de la présidence du parti. Après vingt-cinq ans aux manettes du parti qu’il a fondé, il passe la main à ses trois vice-présidents, à savoir le député Jean-Jacques Rabe­ni­rina, vice-président de l’Assemblée nationale, Sylvain Rabetsa­roana, ancien candidat Sénateur, et Johanita Ndahimananjara, ancienne ministre. Ayant une réputation de “faiseur de roi”, Norbert Lala Ratsirahonana a été en back-up de pratiquement tous les Présidents, surtout, depuis la troisième République. Samedi, il s’est targué du fait que durant ses vingt-cinq années aux manettes de l’AVI, “il y a eu des résultats.

Le parti a été fréquemment présent au sein des gouvernements”. L’AVI fait partie des formations politiques qui savent manœuvrer pour avoir constamment des représentants au sein des tenants du pouvoir et du Parlement. Ceci, quitte à aligner des candidats sous des couleurs autres que les siennes. Les députés AVI, par exemple, dont Jean-Jacques Rabenirina, se sont faits élire sous les couleurs de la coalition “Isika rehetra miaraka amin’i Andry Rajoelina” (IRD). Durant le précédent quinquennat, des ténors de l’AVI ont été élus députés sous la bannière de la plateforme “Vondrona politika Malagasy miara-miainga” (VP – MMM).

Une des méthodes d’action des Jaunes et bleu est, égale­ment, d’avancer en ordre dispersé, s’intégrer dans d’autres entités politiques, avant de se regrouper le moment venu, comme maintenant. Garry Fabrice Ranaivoson Obédiences différentes Des figures de l’AVI, ministres ou sénateurs durant le précédent quinquennat ont, par exemple, fièrement endossé la casaque bleue du parti “Hery vaovao ho an’i Madagasikara” (HVM), durant le précédent quinquennat, dont l’ancienne ministre Ndahimananjara. En vue de la présidentielle de 2023, les Jaunes et bleus resserrent les rangs donc et font parler d’eux en soignant leur communication politique par des déclarations choques.

L’annonce faite par Norbert Lala Ratsirahonana, samedi, intervient près d’un mois après sa déclaration fracassante, à Vangaindrano, “quand nous quittons le pouvoir, il tombe”. Des mots qui lui valurent de vives remontrances de la part de Jean André Soja, dit Kaleta, président national du parti Liaraiky, également membre de la coalition IRD. Après une réunion des cadres de l’IRD, le fondateur du parti AVI a été tenu de réviser ses propos tenus à Vangain­drano, face à la presse. Pour celui qui, d’habitude était la principale tête pesante des stratégies et décisions politiques des Présidents qu’il a soutenu, avant de “quitter le pouvoir”, cet épisode pouvait être un affront. Pour la coalition Orange, cette décision de Norbert Lala Ratsirahonana pourrait prédire quelques complications dans ses relations avec le parti AVI.

Les faits récents et à moyen terme indiquent qu’en matière de coalition politique, le trio qui assure la présidence collégiale des Jaune n’ont pas les mêmes obédiences. Sauf changement, Johanita Ndahimananjara est proche de Hery Rajaonarimampianina, ancien chef d’Etat. Jean-Jacques Rabenirina est derrière le député Siteny Randrianasoloniaiko, dont les aspirations présidentielles sont lisibles. Sylvain Rabetsaroana, quant à lui, est un proche du président de la République, Andry Rajoelina. Les déclarations à la presse de Sylvain Rabetsaroana et Jean-Jacques Rabenirina, à Toamasina, laissent entrevoir cette différence d’obédience. Le premier souligne sans ambages que l’AVI “soutient le pouvoir”. Le second tend à le recadrer en affirmant que le respect de l’Etat de droit, de la bonne gouvernance, la démocratie et la décentralisation effective sont les socles des Jaunes et que, “nous soutiendrons la personnalité politique, le pouvoir qui respecte ces principes”, sans plus de précision. Une manière de laisser la porte ouverte à toutes les possibilités.

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