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A la une Bemiray Chronique

Après les présidentielles – L’Amérique, un pays fracturé ?

Joe Biden et sa colistière, Kamala Harris (à g.)

Le 20 janvier 2021, le citoyen de Scranton, en Pennsylvanie, et la Californienne d’origine indo-jamaïcaine prendront les rênes de la Maison Blanche, malgré le « Tsy hiala aho » d’arrière-garde de l’actuel locataire arrivé en fin de bail. Il n’oublie pas non plus de poursuivre sa série sur les iles, cette fois-ci l’ile de Java et ses particularités religieuses, florales… Et dans le domaine sportif, il regrette que, dans un passé pas tellement lointain, Madagascar n’ait pas appelé, pour renforcer son équipe nationale, ses footballeurs qui jouaient en France.

NÉ en 1942 dans une famille modeste, Biden qui fut l’objet de tous les sarcasmes durant la campagne de la part de ceux qui le surnommaient « Joe l’endormi », y a répondu de la plus belle manière : en laissant la parole aux urnes. Kamala Harris, née vingt-deux ans plus tard, vient quant à elle d’un milieu universitaire. Bien que concurrents durant les primaires démocrates et malgré quelques désaccords de fond, Joe Biden l’a retenue comme colistière, et a eu le choix heureux dans une Amérique secouée par une vague historique contre le racisme et les violences policières. Les deux ont formé une paire gagnante aux personnalités radicalement différentes, pour ne pas dire antinomiques. Leur réussite est d’autant plus méritoire qu’elle est obtenue au détriment de l’équipe autrement plus homogène formée par ceux d’en face, Donald Trump et Mike Spencer.

Des milliers de ses partisans ont ainsi défilé à Washington pour l’exhorter à ne jamais abandonner la lutte, convaincus que la victoire de leur champion a été volée par les démocrates. Le « Los Angeles Times » parlait alors de groupes de « suprêmatistes blancs » et de militants unis pour crier leur refus des résultats. Une semaine après la victoire des démocrates, le journal « Politico » a constaté que « la fureur » des partisans de Trump à la perspective d’un transfert du pouvoir exécutif, est loin de faiblir, leur favori répétant d’ailleurs inlassablement qu’il a remporté l’élection en faisant fi de la vérité et du verdict des urnes. Lors de cette manifestation, les discours incendiaires se sont succédé à partir de Freedom Plaza, reprenant la thèse de la fraude « généralisée ». Leur héros les a gratifiés d’une brève apparition, en route pour une partie de golf.

Combien étaient-ils ? Une dizaine de milliers selon des sources officielles, plus d’un million d’après la porte-parole de la Maison Blanche, ce qui est de bonne guerre à défaut d’être crédible. Le rassemblement était resté pacifique pendant la majeure partie de la journée, mais a dégénéré en début de soirée avec l’entrée en scène de quelques centaines d’anti-Trumpistes. Le sang a coulé des deux côtés, et une dizaine d’arrestations ont été effectuées, certains protagonistes étant pris en possession d’armes.

Le magazine « The Atlantic » croyait pouvoir affirmer que « l’élection présidentielle a achevé de fracturer les États-Unis. Désormais deux pays subsistent, dans l’incompréhension et le refus de l’autre ». Beaucoup en sont arrivés à se poser la question : Donald Trump était-il un candidat anti-démocratie ? Ses slogans, dont celui d’une Amérique plus grande, ont eu leur part de clientèle loin d’être à mésestimer, parvenant souvent à supplanter le discours « démocratique» classique. Devant son refus de reconnaître sa défaite, le « Los Angeles Times » en est arrivé à se demander sur ses réelles intentions : volonté de garder le pouvoir s’apparentant à un Coup d’État, ou énième caprice, aussi pathétique qu’inutile, d’un mauvais perdant qui finira par céder faute d’autre issue ? L’Agence de cyber-sécurité et de sécurité des infrastructures est en tous cas formel : l’élection du 3 novembre 2020 a été la plus sûre de toute l’histoire des États-Unis. Il n’existe aucune preuve d’un système de vote ayant effacé, perdu, ou changé des bulletins, ou ayant été piraté de quelque façon que ce soit. Et de poursuivre : « Ce sont des allégations dangereuses qui nourrissent la méfiance et le ressentiment, affaiblissant la nation, et font que la moitié du pays se sent trompée et amère. Comme il l’a fait tout au long de sa présidence, M. Trump exploite la peur et la division pour son propre intérêt politique, sans se soucier des conséquences.»

Il ne faut surtout pas croire que, de son côté, Joe Biden est à l’abri des flèches assassines. Un journal russe anti-Poutine n’y est pas allé de main morte pour le taxer de sénilité avancée. Le jour du scrutin, il aurait appelé Finnegan, sa petite-fille de vingt ans, du nom de son fils défunt. Tentant de se rattraper, il s’est encore plus enfoncé en confondant Finnegan, toujours elle, avec une autre de ses petites-filles, Nathalie. Et le journal de conclure : « Voilà l’homme qui deviendra bientôt président des États-Unis d’Amérique. »

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