Editorial

Surmenage

Quelle métamorphose ! Trop beau pour être vrai. Après sa petite prestation à Mahamasina face à l’Ethiopie, on ne donnait pas cher de la peau des Barea face au Mena du Niger, trois jours après à Niamey. C’est d’autant plus vrai que le voyage a été long et plein de péripéties. Sitôt rentrés à l’hôtel, samedi, ils ont pris la direction de l’aéroport pour rallier Niamey via Nairobi et Addis Abeba.

Les Barea ont posé à peine leurs valises pour aller tout de suite à l’entraînement à leur arrivée à Niamey, lundi. Presque aucune récupération avant le match. On avait raison de craindre le pire. On était parti sur un scénario catastrophique avec l’ouverture du score par les Nigériens après cinq minutes de jeu. C’était mal connaître la grinta des Barea qui ne sont jamais à l’aise qu’à l’extérieur et sous pression, comme c’était le cas face à la Guinée à la CAN ou contre la RD Congo.

Tout s’explique. Face à l’Ethiopie, les Barea sortaient de quatre mois de vacances sans aucune course dans les jambes et avec une seule séance d’entraînement écourtée par la pluie à Mahamasina assortie de plusieurs séances de selfies.

Les repères étaient donc logiquement perdus. Le système de jeu inédit compliquait le problème au point que la
synergie entre les défenseurs, les milieux et les attaquants ne fonctionnait pas.

Tout a changé à Niamey. Le coach Nicolas Dupuis a aligné des joueurs frais comme Bolida, Paulin Voavy et a fait débuter le géant Dimitri Caloin qui a fait le ménage dans l’entre-jeu tout en étant un excellent relanceur. On est donc revenu à un 4-3-3 classique comme à la CAN qui permettait de petites combinaisons donnant du tournis aux Nigériens. Les Barea ont ainsi renoué avec leur football avec une redoutable efficacité et un réalisme infaillible. Tout semblait alors très facile, les buts s’enfilaient comme des perles. Les Nigériens battus de justesse par la Côte d’Ivoire sur un penalty imaginaire lors de la première journée ne s’attendaient pas à une telle tornade. C’est d’autant plus incroyable qu’ils avaient mieux joué face aux Ivoiriens que les Barea face aux Antilopes éthiopiens.

Mais avec cette prestation des Barea en état de grâce, peu d’équipes pouvaient y résister. Le Mena a eu le malheur de tomber sur un bison blessé par une Antilope. Euphorique, il n’y avait pas grand chose à faire que de se rendre à l’évidence. Les Nigériens ont été à la fois malmenés et surmenés.

Les Éléphants ivoiriens sont d’ores et déjà avertis. Le problème désormais c’est de maintenir cette dynamique jusqu’au prochain match en août 2020. Les Barea ont horreur du vide et aiment jouer rapproché pour retrouver le bon tempo. C’est l’équation qu’il faut résoudre pour trouver la voie qui mène au Cameroun.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter