Economie

Industrie extractive – Manque de transparence sur les enjeux environnementaux

Les exploitations de terre rare se posent en levier de développement pour le pays. La société civile expose pourtant un envers du décor bien réel.

Rares et indispensables. Les métaux stratégiques font l’objet de toutes les convoitises dans le domaine de l’industrie extractive malgré les contraintes et les inconvénients qui accompagnent leurs procédures d’exploitation. Constat exposé, samedi au centre Arrupe Faravohitra lors d’une séance de partage d’expériences du docteur Lalanirina Rasoa­nandrianina portant sur « Les enjeux socio-économiques et environnementaux des métaux stratégiques ». Une occasion pour la consultante en géophysique et environnement de mettre en exergue le manque de transparence sur les activités d’exploration et d’exploitation de ces métaux rares à Madagascar. « Mise à part la Chine, nous avons presque toutes les déclarations sur les dépenses en matière de conservation et préservation environnementales engagées par chacun des pays possédant une exploitation de terre rare. Cependant, à l’image de l’exploitation d’Ampasindava dans le nord du pays, aucune donnée n’est encore disponible pour le grand public », explique l’experte en géophysique.

Dilemme

Une des raisons qui ont valu à la Grande île d’être suspendue de l’initiative pour la Transparence dans les industries extractives (EITI) malgré le fait que le conseil d’administration de l’organisation a avoué en 2018 que Madagascar a affiché un niveau de progrès significatif pour aspirer au statut de pays conforme à l’initiative.
Nécessitant des moyens colossaux pour obtenir une quantité infinitésimale, l’exploitation de métaux rares est, pourtant, primordiale pour le développement économique mondial, notamment, dans le domaine du high tech et de l’énergie verte. « Pour obtenir quelques kilos de métaux rares, on doit explorer des centaines, voire des milliers de tonnes de terre et de roches sans parler des milliers de mètres cube d’eau nécessaires au traitement de ces matières. Des situations qui impactent forcément sur le plan tant environnemental, social qu’économique. Il s’agit ainsi de considérer comme prioritaires ces actions de préservation malgré les coûts énormes que nécessite le respect de ces exigences environnementales. Un vrai dilemme tant pour l’État que pour les opérateurs », argue Lalanirina Rasoanandrianina.

Une quinzaine de recommandations a été émise par le secrétariat International de l’EITI pour que Mada­gascar puisse atteindre le niveau de progrès satisfaisant. Le plein engagement du gouvernement et de la société civile dans le processus de conformité EITI, une description claire de l’octroi des licences ou encore la divulgation publique des contrats et des licences, mais aussi et surtout la transparence sur les actions de préservation font ainsi partie des recommandations du secrétariat international de l’EITI. En effet, les prix de nombreux métaux ont connu une hausse significative. En réaction, les investissements dans l’industrie minière ont augmenté, aussi bien dans l’exploration que dans la mise en exploitation de nouveaux gisements. « La transparence doit aussi suivre cette même tendance de progression », souligne la consultante.