Océan indien

Drogue – De «l’argent facile» avec les chupa-chups

Avec la chimie, l’ecstasy conditionné en cachet inonde l’île de La Réunion. Le premier gros trafic était jugé, jeudi, à Saint-Pierre.

Pour les douanes et les brigades des stups qui traquent la marchandise et ses pourvoyeurs, c’est la MDMA, comme pour la Justice qui réprime trafiquants et usagers.

Pour le grand public, c’est l’ecstasy. Pour les importateurs et petits revendeurs implantés sur l’île, c’est la chupa-chups, p’ti nom gâté emprunté à la célèbre sucette. Si cette dernière provoque des addictions au sucre, la MDMA, elle, attaque gravement les neurones dépositaires de la lucidité chez le consommateur, quand il en a.

Jugé jeudi devant le tribunal de Saint-Pierre, Faïdine M., 36 ans, a importé, en 2018, 15 % du total des cachets d’ecstasy saisis par les fonctionnaires des douanes, qui ne peuvent déterminer combien échappent à leur surveillance. S’agissant de Faïdine M., il fut l’organisateur de trois expéditions distinctes depuis la métropole, où il vivait, avant de s’installer dans le Sud.

Les trois envois représentent quatre mille trois cent cinquante six chupa-chups. Ce sont les services des douanes qui ont repéré le trafic et ont ensuite mené leurs investigations selon une méthode efficiente, parce que bien rodée. (…)

Expédition

Faïdine M. a prétendu tout ignorer de la troisième expédition de mille huit cent dix cachets. À ses côtés à la barre, Anthony D., tout juste majeur, réceptionnait les livraisons qu’un troisième complice, mineur, venait alors récupérer. Et la came était ensuite proposée, notamment et nuitamment, aux abords des boîtes où
fêtards et pétards se fondent dans l’obscurité. La chaîne de revente était bien huilée.

Le prix moyen de la chupa-chups était de 10 € l’unité, permettant à Faïdine M. de réaliser un chiffre d’affaires répondant à son goût immodéré «pour l’argent facile et rapide».

Après la formulation des amendes douanières demandées à hauteur de 43 000 €, la procureure Caroline Calbo a insisté, dans son réquisitoire, sur «la gravité de ce trafic, d’une drogue nouvelle pour La Réunion» (…)

C’est donc avec l’objectif de porter un coup d’arrêt à la progression exponentielle du marché des chupa-chups que la procureure a requis des peines élevées : cinq ans contre Faïdine M, cerveau du trafic et un an avec sursis contre Anthony D.

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