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Andry Rajoelina – « Les réfractaires au développement sont des ennemis de la nation »

À Antsirabe, le président de la République a répliqué aux assauts contre les projets étatiques. Il a vilipendé ce qu’il estime être des actes politiques anti-développement.

Cash. Sans ambages, Andry Rajoelina, président de la République, a fustigé les détracteurs des projets étatiques. Dans ses prises de parole durant son escapade à Antsirabe et ses environs, le chef de l’État a soutenu que « les réfractaires au développement sont des ennemis de la nation ».

Après Toamasina, Fianarantsoa, Mahajanga et Ambatondrazaka, le locataire d’Iavoloha a fait escale à Antsirabe, samedi et dimanche, dans le cadre du road-show pour lancer les projets inscrits dans ses engagements de campagne. Des initiatives qu’il met en avant comme devant booster le développement et la modernisation rapide et durable des différentes régions du pays.

Le numéro un de l’État a ainsi, glissé des répliques à ses détracteurs et aux récalcitrants à ses « Velirano », dans ses prises de parole dans la capitale de la région Vakinankaratra.

« Il y a ceux qui refusent le progrès et veulent entraver notre marche en avant. Les réfractaires au développement sont des ennemis de la nation. Tous, nous devons faire preuve de cohésion pour le développement du pays », a déclaré Andry Rajoelina, dans une allocution prononcée durant la visite d’une pépinière dans la localité d’Andranonahoatra Mandaniresaka, Antsirabe, samedi après-midi.

Le président de la Répu­blique a déjà lancé une première salve contre ses adversaires, en milieu de matinée, samedi.
Dans un discours qu’il a prononcé durant un meeting à Vatofotsy, où il a donné le coup d’envoi à la construction d’une université, le locataire d’Iavoloha a fustigé, « les manœuvres politiques dans le but de freiner le développement sont inacceptables ».

« Nous avançons »

Dans son élan, le chef de l’État a renchéri, « mes collaborateurs et moi ne ménageons pas nos efforts pour trouver des solutions afin de développer le pays, mais il y a ceux qui tentent systématiquement, de nous mettre des bâtons dans les roues et disent que tout ce qu’on fait est mal et inapproprié. On ne doit pas s’opposer au développement de Madagascar ».

Bien qu’il n’y ait pas fait directement référence, les propos du président de la République ont été énoncés dans un contexte où l’un des projets phares de ses thèmes de campagne fait, actuellement, face à une forte contestation. Au lancement de la construction de la nouvelle ville baptisée Tanà-Masoandro, à Ambohitri­manjaka, s’opposent les manifestations des propriétaires terriens et des riverains.

Les initiatives contestataires se sont muées en un violent affrontement entre les habitants et des éléments de la gendarmerie nationale, jeudi. Un béret noir, notamment, a été grièvement blessé.

Il aurait subi un passage à tabac par la foule. En réaction, le locataire d’Iavoloha a déclaré, « les actes de violence contre les forces de l’ordre sont inadmissibles ». À la suite des effusions de violence à Ambohitrimanjaka, jeudi, la thèse affirmée par certains responsables étatiques est qu’il s’agirait « d’actes politiques commandités ».

La tournure violente prise par les manifestations anti-Tanà-Masoandro a, cependant, amené à plusieurs appels au dialogue entre l’État et les habitants. Parlant d’une seule voix face à la presse, vendredi, le Sénat, le Conseil du Fampihavanana Malagasy (CFM), le Haut conseil pour la défense de la démocratie et l’État de droit (HCDDED), et la Com­mission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH), ont appelé le pouvoir Exécutif, en particulier, « de suspendre le début du projet », le temps de trouver un consensus.

À s’en tenir au discours du président Rajoelina, à Antsirabe, toutefois, un rétropédalage ne semble pas être dans les plans. Dans l’allocution qu’il a prononcée à Vatofotsy, le locataire d’Iavoloha a laissé entendre qu’il compte garder le cap dans la concrétisation de ses « Velirano ». Face à l’assistance il a soutenu, « Nous avançons bien que plusieurs tentent de nous en empêcher ».