Accidents routiers, avant et après Facebook


Mon fils demande si le nombre des accidents sur les routes nationales a toujours été aussi important ou si c’est Facebook qui crée cet effet amplificateur. Déjà, le Ministère des Transports ou la Gendarmerie sinon la Police, faute d’un Observatoire qu’on a oublié de créer, ont-t-ils jamais tenu de telles statistiques : d’une année à l’autre, sur les cinq dernières années, les dix, les vingt ? Le 9 août 2023, la «Direction de la Sécurité et de la Prévention des Accidents Routiers» a envoyé une Note circulaire : «en vue de renforcer toutes les mesures de sécurité et éviter les risques d’accidents dus à la fatigue des chauffeurs». Pour les trajets au-delà d’une distance de 600 km, la conduite du véhicule de transport public routier de voyageurs est obligatoirement assurée par deux chauffeurs ; pour les trajets nécessitant plus de huit heures de conduite, un temps de pause de 15 minutes toutes les quatre heures est obligatoire ; à chaque fin de service, le chauffeur est astreint à prendre un temps de repos d’au moins huit heures avant de reprendre le service. Mesures vertueuses, maintes fois exigées et enfin actées. Sauf que. Quels en seront les moyens de contrôle ? Certains bus sont équipés de GPS qui couinent dès qu’il y a dépassement d’une certaine vitesse de croisière : mais, nos coopératives sont-elles suffisamment professionnelles pour investir dans cet outil de traçabilité ? Et les gendarmes ou les policiers, quand ils ne regardent pas ailleurs délibérément, disposent-ils d’un quelconque instrument de vérification ? «La hauteur réglementaire des bagages sur le toit est de 0,80 mètre. Toutes les gares routières ou les aires de stationnement doivent disposer d’un outil de mesure de la hauteur des bagages». Mais, comment s’assurer que cette simple mesure, c’est le cas de le dire, ne reste pas théorique comme le contrôle de la charge à l’essieu dont le non-respect malmène chaque jour nos routes nationales déjà endolories par des décennies de laisser-faire laisser-aller. Il suffit de se poster au carrefour d’Iavoloha pour constater avec effarement et effroi comment certains camions bricolés en transport de passagers ont pu déjà arriver jusque-là, sans se faire arraisonner, surtout après la sortie de cette «Note circulaire». Hauteur vertigineuse des bagages sur le toit, surnombre manifeste de passagers en sardines, distance réduite entre les banquettes pour commercialiser jusqu’au dernier centimètre carré. La coopérative, le chauffeur et les passagers de s’en remettre à la bonne étoile pour les 1000 kilomètres, et au bout de vingt heures, à traverser une île-continent. Et la formation des chauffeurs ? Les moteurs actuels ont connu une nette amélioration de leur puissance, grâce au travail des ingénieurs. Il faut malheureusement craindre que la formation éventuelle des chauffeurs date d’une époque d’avant les réseaux sociaux. Et les routes nationales ? Parce que le gabarit des routes malgaches n’a pas suivi la tendance à l’embonpoint des voitures modernes. Sans pointer du doigt, encore une fois, l’état catastrophique de ce qui nous tient lieu de routes. Ce dont le Ministère des Transports ne pouvait pas publiquement accabler le Ministère des Travaux Publics.
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