Andry Ramaroson - « Tous les efforts sont concentrées pour résoudre les problèmes d’énergie »


Sitôt promu ministre, Andry Ramaroson qui a été jusque-là directeur général de l’Energie et des Hydrocarbures auprès du ministère du même nom, connaît un emploi du temps serré. Dans ce contexte et étant sur le point de partir pour rejoindre la rencontre des entrepreneurs francophones à Paris avec le président de la République Andry Rajoelina, il a accepté d’accorder une interview exclusive. Expert en énergie de l’initiative pour l’émergence de Madagascar ou IEM dès la première heure, le temps qui reste au quinquennat du Président de la République vous permettra-t-il de réaliser ses Velirano étant donné que votre promotion intervient à mi-mandat ? Votre interrogation insinue deux choses. La première, pourquoi ne prendre les rênes du ministère de l’énergie et des hydrocarbures que maintenant. Et la seconde, est-ce qu’il est possible de réaliser les Velirano. Il est à comprendre qu’avant tout, la fonction de ministre est un poste politique et pour ma part, l’expertise technique a justifié ma nomination au départ en tant que directeur général de l’énergie et puis également des hydrocarbures. Sinon, c’est en se mettant au travail qu’il est possible d’atteindre des objectifs sur une durée donnée. Qu’en est-il alors des projets qui concernent les secteurs dont vous êtes désormais à la charge ? Tous les projets qui concourent à la réalisation des Velirano vont se poursuivre, y compris ceux initiés avant ma prise actuelle de fonction. À rappeler que pour le ministère qui m’est confié, les Velirano tournent autour de trois axes : augmentation de la capacité énergétique, transition énergétique à travers le recours aux énergies renouvelables, réduction du prix de l’électricité. L’électricité préoccupe toujours tout le monde et avez-vous une solution à ce sujet ? Il importe de préciser que l’objectif du moment c’est d’assurer un accès à l’électricité à la portée de tous. Une démarche d’accompagnement s’impose au profit des usagers. Pour les industriels et les entrepreneurs, ils seront consultés et une réunion avec l’ensemble du secteur privé va se tenir. Là maintenant, la délégation présidentielle incluant le ministre de l’Energie et des Hydrocarbures, va partir pour la rencontre des entrepreneurs francophones à l’invitation du patronat français, du Medef. Cette rencontre à l’extérieur est-elle assurée comme un moyen d’attirer des investisseurs qui se donneront les moyens de contribuer à la concrétisation de cet accès de tous à l’électricité ? C’est le pari. Les dépenses liées à l’énergie sont une composante principale de l’investissement que chaque entrepreneur ou chaque entreprise fait en interne. Pour booster la productivité et augmenter ainsi le produit intérieur brut du pays, il est capital de s’assurer de la possibilité de faire accéder tout le monde à l’usage abordable d’énergies. Il ne faut pas se détourner des Velirano fixés par le Président de la République. Tous les efforts sont concentrés pour résoudre les problèmes d’énergie et pour la Jirama, le processus actuel tend à mettre le client au centre des préoccupations. Il s’agit d’aller à l’écoute des besoins énergétiques des entrepreneurs et des usagers car il faut noter que lorsque l’énergie est accessible à tous et là prenons l’exemple de l’électricité, elle constitue un levier de développement. Tout simplement car beaucoup parmi la population se décideront à entreprendre lorsque l’électricité est accessible, et surtout abordable. Il ne faut pas du tout nier qu’à l’heure actuelle, l’usage de l’électricité n’est pas simplement une réponse aux besoins domestiques, il est surtout orienté vers le développement d’activités entrepreneuriales partant des foyers et évoluant en entreprises. L’accompagnement du client, c’est-à-dire de l’usager compte alors, pour l’informer et pour le conseiller. Mais pouvez-vous dire quel est l’obstacle qui fait interrompre les projets enclenchés pour augmenter la capacité énergétique à Madagascar ? Comme il a été signalé, l’accompagnement fait défaut à différents stades. Il faut penser que le consommateur d’énergie sera le client. L’accompagnement est censé aller dans la considération du client. Et par rapport au sujet des subventions ? Les subventions peuvent être évitées par une bonne gestion. Rien ne dit qu’il est impossible d’éliminer la mauvaise gestion. A tous les niveaux, il ne peut y avoir que deux justifications à l’octroi de subventions : la situation difficile dans laquelle se trouve une société en situation de monopole et le contexte économique qui pénalise les activités. La bonne gestion est alors à adopter dans les deux cas pour parvenir à l’objectif de zéro subvention. Bien gérer, c’est possible. Le secteur des hydrocarbures est également sous votre responsabilité, quelles sont vos priorités au regard des prix du carburant ? La tendance a toujours été de discuter dans le sens d’une réduction des prix à la pompe lorsque les circonstances l’ont exigé. Il n’a jamais été question de discuter autrement. Ce qui compte, c’est la stabilité des prix et rien d’autre. En parlant de carburant, l’hybridation des centrales de production d’électricité s’avère impérative à tel point qu’il n’est nullement possible de multiplier la capacité énergétique si l’on se limiter à l’utilisation de centrales qui fonctionnent juste au fuel. Justement, la compagnie nationale d’eau et d’électricité pourra-t-elle voir ses centrales fonctionner avec d’autres sources d’énergie comme l’huile lourde de Tsimiroro ? Trois schémas envisagés existent : produire à Tsimiroro l’huile lourde et la faire acheminer vers Maintirano et Antananarivo car l’électricité pour tous est un objectif valable pour tout le pays, produire cette source d’énergie et la transporter vers la capitale, produire l’huile lourde dont le transit se fait via un mode de cheminement dirigé vers les centrales de la Jirama à Antananarivo. Une descente sur place à Tsimiroro va s’effectuer pour voir ensemble de près les possibilités de ces schémas. Face aux inquiétudes actuelles de la population sur le mode de tarification de leur consommation d’électricité, comment réagissez-vous ? Se mettre au travail est le seul moyen de résoudre les problèmes et d’apporter les solutions. Cette détermination oblige à la constatation des faits et à l’adoption des correctifs s’il en faut. L’essentiel n’est pas d’envisager d’avancer, c’est surtout rassurer et entretenir la confiance.
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