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Procès à Anosy : Une élève victime de viol raconte

Verdict attendu pour l’enseignant, accusé du viol d’une élève mineure, à Tanjombato. La fille a exposé aux juges ce qu’elle a cruellement vécu avec lui.

B ataille judiciaire. Un procès houleux pour viol a eu lieu dans la salle 2 du tribunal de première instance d’Antana­narivo, lundi matin, durant exactement quarante-deux minutes. Un enseignant de 35 ans a été incriminé pour agression sexuelle et détournement de mineure, pour lesquels il a comparu devant la barre. De son côté, la victime, une élève de son école, accompagnée de son père n’a pas mâché ses mots devant les juges pour décrire les faits atroces.

Avant d’interroger l’accusé, la présidente de la cour a lu pour lui ses droits, en le faisant également savoir ses inculpations. Pourtant, ce trentenaire a nié avoir perpétré l’acte. La magistrate a alors demandé à la victime de relater le déroulement des faits qui se sont passés en juin et juillet, dans l’Atsimondrano.

« La première fois était quand nous étions à l’école et il m’a discrètement appelée à venir dans une grande salle. Puis, il m’a attrapée avant de fermer la porte. J’ai eu peur puisqu’il m’a menacé de mort. C’était là qu’il a abusé de moi », explique-t-elle. « La seconde fois, nous étions dans un bar, du côté de Tanjombato. Il a bu et il m’a dit d’aller aux toilettes. Alors, il m’a suivie et nous a enfermés à l’intérieur où il a réalisé ses désirs sexuels. Il m’a bouclé la bouche pour m’empêcher de crier », poursuit-elle. Questionnée par la procureure, elle a avoué qu’ils ont eu deux rapports sexuels.

Demande de liberté refusée

« Nous ne sommes pas amoureux. Elle m’a fait juste pitié lorsqu’elle m’a raconté son problème d’orpheline. Or, elle est en classe d’examen et j’ai toujours cherché en quoi pouvais-je l’aider », se défend l’enseignant. Celui-ci a réfuté jusqu’au bout son implication en tant qu’auteur dans ce crime sexuel. « Le jour où son père nous a découverts, elle venait avec moi à Anosy pour m’acheter des chaussures. J’ai profité de cette occasion pour faire tout ce qui lui plaisait et pour la détendre un peu », rappelle-t-il.

Selon le père de la fille, « il a raccompagné ma fille jusqu’ au près de chez nous où je les ai vus en train de s’embrasser. J’ai alors porté plainte contre lui après que j’ai enquêté ma fille et surtout, à cause des gestes suspects que d’autres parents d’élèves et moi avons remarqués bien avant cette fois-ci ». Lors de sa dernière intervention dans cette audience, il a réclamé trente millions d’ariary à titre de dommages-intérêts. Ce qui a fait rire toute l’assistance.

L’avocat de l’accusé a, pour sa part, prié à la Justice d’enlever l’inculpation, détournement de mineure, contre son client, et de lui accorder une liberté provisoire, du fait qu’il est marié et nourrit deux enfants. Cette demande a, immédiatement, été rejetée par le tribunal.

« L’accusé retourne en prison. Sa partie aura dix jours pour faire appel en cas d’insatisfaction de cette décision. Le verdict sera prononcé le 26 août prochain », comme l’a clôturé la présidente de la cour.