Faits divers

Policiers lynchés à Fénérive-Est : Procès imminent de dix-huit détenus

Incarcérés à Toamasina pour le lynchage à mort de trois inspecteurs de police, dix-huit prévenus seront jugés incessamment par la Cour criminelle.

Presque un an après, l’affaire du lynchage à mort de trois inspecteurs de police à Fenerive-Est n’est pas encore élucidée. Dix-huit individus incriminés, dont trois chefs fokontany, sont toujours placés sous mandat de dépôt à la maison centrale d’Ambalata­voahangy à Toamasina et attendent d’être jugés. Aux dernières nouvelles, les prévenus ont fait l’objet d’ordonnance de prise de corps.

Les dossiers ont été transmis à la Cour Criminelle Ordinaire (CCO) du tribunal de Toamasina, toutefois, le procès n’est pas programmé dans le calendrier de la première session du mois d’août laquelle prendra fin la semaine prochaine. La session reprendra après une pause au mois de septembre et les personnes incarcérées devraient être fixées sur leur sort au mois d’octobre, soit exactement un an après le lynchage à mort des trois inspecteurs de police, perpétré à Ambodiaziny Fenerive-Est, le 24 octobre 2018.

Les trois chefs fokontany sont placés en détention préventive avec quinze villageois. Parmi les chefs fokotany écroués figurent celui d’Ambodi­manga ainsi que d’Ambodia­ziny. L’adjoint de ce dernier a partagé son sort. Les dix-huit détenus se sont fait arrêter par les forces de police venues procéder à une arrestation massive, quelques jours après le triple homicide.

Fugitif

À leur arrivée sur les lieux, le peloton policier, envoyé pour effectuer l’interpellation des auteurs présumés du meurtre des trois inspecteurs de police, s’est saisi des personnes qu’il a croisées sur leur chemin selon les témoignages des membres des familles des suspects. Au total, vingt-et-une personnes, dont une femme, ont été conduites à Toamasina pour audition. Une instruction préparatoire s’est déroulée deux jours durant au parquet près tribunal de première instance à Toamasina et dix-huit suspects ont été jetés en prison. Une jeune femme venue accompagner son père à Toamasina après la rafle policière figure parmi les trois personnes ayant échappé à la prison.

Ambodiaziny, le village théâtre du triple homicide, est situé à 20 kilomètres du chef lieu de district de l’Analanjirofo. Montrés du doigt d’être des bandits, les trois inspecteurs ont été tabassés à mort par une foule furieuse. Lors du lynchage, les défunts policiers n’avaient pas sur eux leur ordre de mission, lequel aurait été laissé dans leur véhicule, laissé à environ quatre kilomètres de l’endroit où ils ont trouvé la mort. Un individu qui les y avait conduits a, pour sa part, pris la fuite dès que la situation a commencé à mal tourner e t demeure jusqu’à maintenant introuvable.

En un éclair, une foule en furie s’est ruée vers le foyer pour s’en prendre aux trois policiers. Ces derniers se sont réfugiés chez le chef fokontany, mais celui-ci n’a pas pu retenir les villageois qui l’avaient menacé de lynchage pour complicité. Au final, le chef fokontany en question ainsi que le chef de famille, absent au moment des faits, ont été placés à l’ombre aux côtés des dix-huit prévenus qui attendent d’être jugés.

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