Economie

Industrie : Madagascar Premium Oil au point mort

L’incompréhension gagne les quelque centaines de travailleurs qui ont perdu leur travail suite à la décision de fermeture de la deuxième usine de production d’huile au port de Toamasina.

Contestation. Les employés de l’huilerie Madagascar Premium Oil (MPO) situé dans la ville du grand port s’insurgent, depuis la semaine dernière, face à une décision portant sur la suspension des activités fait de la société ainsi que la fermeture l’établissement. Une cessation d’activité fait suite à l’application d’un arrêté ministériel abrogeant l’autorisation d’opération de la société. Fondée en 2016, l’établissement a pu recevoir son autorisation d’opération en début d’année. Ceci dans le but de concrétiser le projet de construction d’usine de transformation d’huile brute en huile raffinée répondant aux besoins du consommateur à Madagascar.

« Les travaux de construction de l’usine de raffinerie sont en cours à un niveau d’achèvement de 70%. L’usine est prévue être opérationnelle en 2020 et emploie déjà près de trois cents salariés directs et trois cents autres en emplois indirects mais ils se trouvent en situation d’incompréhension aujourd’hui face à leur renvoi », arguent les dirigeants de la société. Selon ces derniers, depuis la signature de la convention bilatérale avec la société du port à gestion autonome de Toamasina (SPAT) en 2016, Madagascar Premium Oil a obtenu l’ensemble des approbations nécessaires au bon déroulement du projet telles que le permis de construire ou encore le permis environnemental délivré par le ministère de l’Environnement . Ainsi, le ministère de l’Industrie a abrogé l’arrêté portant autorisation d’opération de la société, ensuite le ministère de l’Aménagement a suspendu le permis de construire délivré par lui-même quelques mois auparavant, Le SPAT a résilié unilatéralement la convention portant mise à disposition d’un terrain au profit de la société MPO pour son stockage d’huile.

Alors même que la récente présentation de la Politique Générale de l’État prône la promotion du secteur industriel.

Irrégularité

« À ce rythme, il ne restera plus rien de la société MPO dans les semaines à venir. L’on se demande ainsi de la sécurité juridique des investisseurs. Qu’en est t- il des investissements déjà engagés par la société MPO et l’impact de cette fermeture vis-àvis des employés. Des centaines de personnes sont maintenant mises au chômage », s’insurgent les responsables de MPO. Dans sa démarche, la société prend en charge l’ensemble du processus de production. Ainsi, dès l’arrivée de l’huile brute au port de Toamasina, la société procède à son stockage dans la zone portuaire, assure son acheminement vers l’usine de raffinerie construite dans la zone industrielle de Toamasina, et une fois transformé, le produit fini est mis en jerrican et envoyé sur la chaîne de distribution jusqu’au consommateur. L’objectif étant de produire une huile alimentaire abordable pour le marché local.

« L’usine de raffinerie seule n’est qu’une partie du projet. L’arrêté numéro 16088 / 2019 émis par le ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat annonce la révocation de l’autorisation d’opération délivrée à la société pour cause d’irrégularité sans pour autant en préciser la nature», ajoutent-t-ils. Cependant, « le ministère de l’Industrie a pour attribution de soutenir l’implantation de nouvelles industries. Freiner le développement industriel n’est donc pas dans les priorités du département», explique un responsable au sein du ministère.

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