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Détournement de deniers publics : Razaimamonjy condamnée à sept ans de travaux forcés

La femme d’affaires est une des premières à comparaitre devant la Cour criminelle du PAC. À l’issue de son premier procès, hier, elle a écopé d’une peine de travaux forcés.

Complice. Tel est le statut de Clau­dine, femme d’affaires, pour sa première comparution devant la Cour criminelle ordinaire du Pôle anti-corruption (PAC), hier.

Une des premières personnes à être jugées pour « crime », par l’entité judiciaire sise aux 67 ha, celle qui s’est fait un nom dans l’hôtellerie, entre autres, a écopé d’une peine de sept ans de travaux forcés, assortie d’une amende de cent millions d’ariary.

Claudine Razaimamonjy est happée par quatre affaires encore en instance auprès du Pôle anti-corruption. « Le procès d’aujourd’hui [hier], ne concerne qu’un seul dossier. Il en reste donc, encore trois », confie une source avisée.

Ce premier procès révèle que dans cette affaire, celle réputée comme proche de l’ancienne administration Rajaonarimampianina, a été jugée en qualité de complice, à l’instar d’autres co-accusés qui ont comparu, hier, aux 67 ha.

Son statut de complice explique alors, le verdict prononcé, hier. Comme l’a expliqué Solofohery  Razafindrakoto, procureur de la juridiction du second degré du PAC, lors d’un entretien, lundi, en effet, la politique pénale de cette entité judiciaire est « la tolérance zéro, c’est-à-dire, c’est la peine la plus sévère qui est appliquée lorsque les charges sont avérées ».

Détournement et recel

Selon les infractions et le degré d’implication de la personne mise en cause, les peines prononcées vont de cinq à vingt ans de travaux forcés, a-t-il ajouté.

À l’issue de son premier passage devant la barre de la Cour criminelle ordinaire donc, Claudine Razaima­monjy est reconnue coupable «de complicité, de détournement de derniers publics et recel de deniers publics ». Le procès a duré près de cinq heures de temps. Le verdict a été rendu aux alentours de 17 heures.

Selon les indiscrétions, des charges civiles se grefferaient, également, aux infractions criminelles dont a été reconnue coupable la femme d’affaires.

L’affaire Razaimamonjy a défrayé les chroniques, à partir du 3 avril 2017, où elle a été arrêtée au palais des sports Mahamasina, par les agents du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco), alors qu’elle assistait à un match de basket-ball. S’en­suivit une saga judiciaire, médiatique, mais aussi, politique, dont le verdict d’hier, est donc, le premier dénouement.

La femme d’affaires est enlisée dans plusieurs dossiers de détournement de deniers publics, de corruption, de blanchiment de capitaux, favoritisme dans l’attribution de marché public et de faux et usage de faux.

Un dossier tentaculaire qui touche plusieurs ministères et autres entités publiques. La complexité de l’affaire a amené les enquêteurs à le diviser en plusieurs dossiers, suivant le département touché. Sauf changement, Claudine Razai­ma­monjy devrait comparaitre à nouveau devant la Cour criminelle ordinaire du PAC, pour le jugement d’un autre dossier, dans les prochains jours. Les chefs d’inculpation devraient avoir une similitude avec ceux du procès d’hier.

Dans chacune « des affaires Razaimamonjy », des anciens hauts responsables étatiques sont mis en cause. Certains auraient la qualité « d’auteur principal ».

Ayant été au sein du gouvernement, la Constitution veut que leur sort se décide auprès de la Haute cour de justice (HCJ). Un privilège de juridiction qui, au regard des acteurs de la lutte contre la corruption et les infractions financières touchant, particulièrement, aux deniers publics « rend le combat boiteux ».

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