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Corruption : Éducation et santé, deux secteurs vulnérables

Le numéro un du Bianco a été à Mahajanga hier. Laza Eric Andrianirina y a présenté les principaux axes stratégiques de la lutte contre la corruption à Madagascar.

Mahajanga est la première ville visitée par le nouveau directeur général du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco). Ce qui peut s’expliquer par le fait que Laza Eric Andrianirina a travaillé, de 2007 à 2015, dans la branche territoriale du Bureau à Mahajanga. D’emblée, il a expliqué qu’il n’est pas venu pour donner des leçons, mais pour discuter.

« La volonté politique du président de la République dans la lutte contre la corruption dépend d’un triptyque dont le peuple. L’objectif est d’éradiquer complètement le fléau, du moins de le réduire. L’éducation de la population à refuser la corruption, la prévention ensuite et l’application de la loi sont les étapes à suivre. L’accent réside surtout au niveau du volet social à savoir l’éducation et la santé, deux secteurs vulnérables. Si tout se passe comme prévu, la corruption sera incluse comme matière de base dans le programme scolaire à partir de 2019/2020 dans tous les établissements. La priorité sera, également, axée sur la santé car la corruption mine surtout la société et la population ainsi que la qualité des services et prestations au sein des établissements hospitaliers. La lutte contre l’enrichissement illicite est aussi notre priorité », détaille le numéro un du Bianco.

Appliquer la loi

Il a, également, évoqué l’impact de ce fléau dans les concours et examens officiels ainsi que les marchés et dépenses publics. «

Une mauvaise pratique, illégale, est constatée dans les marchés publics. Si les recettes de l’État rentrent normalement et les recouvrements fiscaux bien faits, nous aurions la possibilité de réaliser des infrastructures sans plus attendre les bailleurs extérieurs. Nous pouvons éradiquer ou réduire la corruption en appliquant les sanctions et la loi. Aucune impunité ne sera plus tolérée. Ce sera une véritable bataille, et non plus un jeu. Si les citoyens ne veulent pas être éduqués, nous serions contraints d’appliquer la loi. Les fonctionnaires pourront jouir de ces avantages car leurs salaires augmenteraient si les recettes rentrent bien dans les caisses de l’État », ajoute Laza Eric Andrianirina.

Il a incité les hauts responsables de l’administration à Mahajanga de ne plus accepter les mauvaises pratiques imposés par certains responsables centraux. « Certains missionnaires de la capitale nous obligent à payer les factures de leurs séjours à l’hôtel, à hauteur de 400  000 ariary par nuitée. Ce qui affecte les directions régionales car des directeurs locaux doivent souvent payer ces factures de leur poche. De plus, on impose au directeur régional de la Pêche d’avoir des glacières qu’il doit remplir de fruits de mer. Pire encore, nous sommes au mois d’août et les fournitures de bureau ne sont pas encore livrées, les papiers font défaut pour la réalisation de nos tâches. Le déblocage du crédit non seulement tarde, mais il n’est pas suffisant», déplore la présidente du Tribunal de 1ère Instance de Mahajanga. « Vous ne devez pas accepter de faire n’importe quoi. Osez refuser et soyez solidaires », leur conseille le directeur général du Bianco pour terminer.

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