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60 ans de la Cour Suprême – La Justice tente de reconquérir la confiance du public

Le  ministre  de  la  Justice  et  garde  des  Sceaux a  rappelé  certaines  règles  à  observer.

La Cour suprême fête ses 60 ans. Faire en sorte que l’institution soit le fer de lance de la reconquête de la confiance de la population envers la Justice est l’ambition affirmée.

Accessi­bilité et proximité. Ce sont les mots clés dans le défi que se fixe la Justice qu’est la reconquête de la confiance de la population. Ce challenge a été martelé durant la cérémonie de lancement de la célébration du 60e anniversaire de la Cour suprême, lundi.

La reconquête de la confiance de la population n’est, toutefois, pas chose aisée. « La Cour suprême ambitionne d’être le fer de lance pour reconquérir la confiance du public envers la Justice par son accessibilité, son efficacité, le souci du respect des droits humains et par sa volonté de lutte contre la corruption et l’impunité », cela a été scandé durant la cérémonie de lundi.

Comme le conçoit Rajaona Andriamanankian­drianana, premier président de la Cour suprême, cela a nécessité d’impulser un renouveau au sein du système judiciaire. Dans son allocution, lundi, il indique que la célébration des 60 ans de la Cour suprême est une occasion pour déclencher ce renouveau. Une des priorités est l’amélioration de la méthodologie de travail.

« Nous sommes confrontés à de nouveaux défis. La montée en puissance des nouvelles technologies nous amène à repenser notre méthode de travail », déclare Rajaona Andriama­nankiandrianana. À l’entendre, la Cour suprême aussi, compte faire une mise à jour pour entrer dans l’ère 2.0. Un projet de numérisation du traitement des dossiers en instance est en cours.

Le premier objectif de ce projet de numérisation est la célérité dans le traitement des dossiers. « Nous ne sommes pas sans savoir que la lenteur administrative est propice à la corruption », indique le premier président de la Cour suprême. Il y a un deuxième enjeu à l’usage de la technologie. C’est l’accessibilité. Dorénavant, les décisions de la Cour suprême seront disponibles sur son site web.

Toujours dans l’idée d’être plus accessible et pour insuffler un sentiment de proximité avec le public, un kiosque d’information est ouvert au siège de la Cour suprême, à Anosy. On peut suivre l’évolution du traitement des dossiers au niveau de ce kiosque. Il n’y a plus lieu de faire du porte-à-porte dans les bureaux des greffiers.

Courtoisie

Concernant les trois Chambres au sein de la Cour suprême, en particulier, le renouveau passe par une révision du cadre légal. Son premier président reconnaît qu’il est nécessaire de revoir les règles de procédure.

Durant la cérémonie de lundi, un plan stratégique sur la période 2021 – 2025 a été présenté. L’objectif mis en avant est « le renforcement de la redevabilité des acteurs et la satisfaction des justiciables par trois valeurs que sont l’intégrité, l’indépendance et l’impartialité, et le respect des droits humains ».

En tant qu’institution au sommet du système judiciaire, la Cour suprême entend amener les autres instances de la Justice à s’engager dans un renouveau de sa méthodologie de travail. Seulement, au-delà des déclarations d’intention et des plans d’action, la reconquête de la confiance du public envers la Justice passe par les actes.

Qu’importe le cadre juridique ou institutionnel, la lutte contre la corruption ou l’abus de pouvoir, l’impartialité dépend de l’homme. Les responsables politiques et judiciaires martèlent ces idéaux à chaque occasion.

Seulement, dans les faits, un fossé sépare toujours le public et le système judiciaire. Les justiciables perçoivent toujours la Justice comme une entité de répression des plus faibles, des moins nantis.

Johnny Andriamahefa­rivo, ministre de la Justice, l’a souligné dans sa prise de parole, lundi, même l’accueil au niveau des tribunaux et des Cours est déjà déterminant sur la perception de la Justice. « Nous devons faire un effort conséquent pour améliorer l’accueil des justiciables. L’amélioration de l’accessibilité et de l’accueil du public contribue, également, à la reconquête de la confiance de la population», soutient le Garde des Sceaux, en insistant sur la courtoisie des acteurs.

Le ministre de la Justice ajoute, néanmoins, que la méconnaissance des lois et des rouages du système judiciaire est, aussi, un paramètre qui met à mal la Justice. Elle peut favoriser la corruption, comme l’indique le Garde des Sceaux,

mais est la principale cause des incompréhensions et des remises en cause des décisions judiciaires. Le ministre Andriamahe­farivo invite alors les citoyens à faire un effort pour connaître les lois et règles de procédure. Certes, le principe est que nul n’est censé ignorer la loi. Seulement, qu’il soit rédigé en malgache ou en français, la syntaxe et la formulation des lois sont rarement accessibles aux profanes.

Il faut aussi prendre en compte le taux d’analphabétisme dans le pays. Outre la transparence et l’accessibilité, un effort est aussi à faire sur le volet éducation.

1 commentaire

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  • En tout cas s’ils ne sont pas corrompus, il y en a qui ne meurt pas de faim…à voir le président !!
    A mois qu’ils grossissent de leurs promesses jamais tenues !