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Conjoncture – La population sur les nerfs

Un  différend  au  sujet  du  port  de  cache  bouche  a  porté à  ébullition  la  ville  d’Ilakaka,  hier.

Une incartade militaire a entraîné une manifestation populaire, à Ilakaka, hier. Ce scénario trahit la frustration populaire qui couve.

INSOUTENABLE. Ce mot résume le niveau de tension à Ilakaka, hier. Un mot qui pourrait traduire, également, le ressentiment que couve une partie de la population en ces temps de crise sanitaire.

Face à une situation financière de plus en plus précaire, une partie de la popu­lation a, visiblement, de plus en plus de mal à vivre le confinement et même l’état d’urgence sanitaire. Cette frustration ambiante concerne des gestes barrières qui peuvent s’avérer simples, comme le port du cache bouche, ou des grognes causées par les restrictions sur les activités économiques, surtout les commerces et les artisans des coins de rue.

Pour les personnes qui vivent au jour le jour, surtout, accepter de se plier au confinement, n’est pas toujours évident. Dans certains cas, la tension est telle, que la moindre goutte d’eau peu faire déborder le vase. Cela a, semble-t-il, été le cas à Ilakaka, hier. Une bavure militaire a entrainé une manifestation populaire dans la ville du saphir. Une altercation entre des militaires et un jeune homme présenté comme «désé­quilibré mental », concernant le port du cache bouche a mis le feu aux poudres.

Fait inquiétant

Un des militaires aurait ouvert le feu sur l’individu qui aurait refusé de porter un masque. Un événement qui a déclenché une vague de colère qui a frisé l’émeute. Après que trois porteurs du coronavirus y ont été détectés, l’application des dispositifs sanitaires devient rigoureuse à Ilakaka. Ceci au point d’y envoyer en renfort des militaires de la Bataillon inter-arme (BIA), d’Ihosy.

La ville de Toamasina, a déjà connu pareille tension, au début du mois de juin. Alors que la ville était encore considérée comme l’épicentre de l’épidémie de la Covid-19, les éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS), y ont été déployés massivement pour appliquer les mesures de confinement, alors renforcées.

La capitale de la région Antsinanana était entrée en ébullition, suite au passage à tabac d’un jeune homme par de présumés policiers. Des observateurs voient dans ces faits la traduction d’une tension sociétale latente, à cause de la crise qui s’enlise. La situation sanitaire semble, pourtant, aller de mal en pis. S’il a surtout été concentré dans la région Analamanga et Antsinanana jusqu’ici, le coronavirus commence à faire une percée dans d’autres Collectivités territoriales décentralisées.

Du Nord au Sud, d’Est en Ouest, en passant par le centre, plus aucune région ne semble être à l’abri d’une invasion de la Covid-19. Outre les faits ayant eu lieu à Toamasina et à Ilakaka dernièrement, toutefois, aucun fait de contestation sociale majeure n’a été recensé. La présence massive sur terrain des Forces de défense et de sécurité ne semble plus suffire pour dissuader la population de braver les dispositifs sanitaires.

A l’instar de ce qui est constaté à Antananarivo, pourtant, des habitants commencent à contester les sensibilisations et action pour appliquer les dispositifs sanitaires. Certains n’hésitent pas à mettre à l’épreuve la patience des FDS. En faisant preuve de cordialité et d’être plus compréhensives, ces derniers temps, les forces de l’ordre sont parfois poussées à bout.

Au-delà des altercations verbales de quartier, pourtant, les complaintes des personnes se retrouvant en chômage technique, des ménages vulnérables et des organisations professionnelles et secteurs d’activité à l’agonie traduisent un état de fait inquiétant qui s’installe parallèlement à la crise sanitaire. Une crise socio-économique qui pourrait faire encore plus de dégâts que la Covid-19.

Sanction immédiate

«Des sanctions ont immédiatement été prises contre le militaire qui n’a pas su faire preuve de maîtrise de soi », rapporte un communiqué du ministère de la Défense nationale, en réaction aux faits qui se sont déroulés à Ilakaka, hier. La missive ajoute que les pourparlers entre l’armée et la population locale sont en cours, pour apaiser la situation.

« Le ministère de la Défense nationale remercie ceux qui rapportent les faits d’exaction ou acte non conformes aux normes, perpétrés par certains militaires au sein de la société», indique le communiqué qui fait part, également, des excuses du département ministériel aux victimes des incartades et requiert une constante coopération avec la population, surtout, dans cette lutte contre le coronavirus.

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