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Soamahamanina – Mesures anti-émeutes contre les journalistes

Des gendarmes et des policiers, munis d’un arsenal anti-émeutes, ont intercepté des journalistes de la presse privée. Une escouade de gendarmes encagoulés a été dépêchée depuis Tana.

Vive tension à Soamahamanina. Le site d’exploitation aurifère d’Andravolobe, est verrouillé par des  éléments des forces de l’ordre sur le pied de guerre. Hier, une quarantaine d’éléments armés, de surcroît, munis d’équipements anti-émeutes, avaient attendu de pied ferme une cinquantaine de journalistes de la presse privée, venus sur place pour faire des reportages et des recoupements, après  que le conseil de gouvernement a décrété avant-hier, la suspension des activités. La couverture d’une médiation entre la population et les exploitants chinois cloués, au pilori,  initiée par le préfet de Miarinarivo, s’inscrivait également dans la mission des médias, venus sur les lieux hier, mais au final, la rencontre de réconciliation, prévue se tenir à Miarinarivo, n’a pas eu lieu. L’endroit où elle était prévu se tenir, a été déserté.
À Soamahamanina, sur la nationale numéro 1, à quelques encablures de lieu d’implantation du mastodonte chinois, qui a décroché pour une durée de 40 ans, un contrat d’extraction d’or, dans sept carrés s’étendant sur 26 hectares, la situation était, en revanche, délétère. L’État major mixte opérationnel de la région (Emmo/reg), a établi un véritable rideau de fer à l’entrée des voies de desserte menant au site d’implantation de la société. Pas une seule brèche, 30 gendarmes et dix policiers ont barricadé l’accès.
Prêts à en découdre, dix gendarmes encagoulés, envoyés depuis Antananarivo, ont bloqué la route avec l’un de leurs pick-up. Impossible d’approcher à moins d’une dizaine de mètres ces éléments  menaçants, équipés de casques, brandissant Kalachnikov et fusils lance-grenades. Le barrage est protégé par une ceinture de gendarmes du groupement de l’Itasy et de policiers du commissariat de Miarina­rivo, tenant à la main, fusils d’assaut, boucliers et matra­ques, positionnés de chaque côté de la ligne de défense. Ce peloton armé est sous les ordres du commandant du groupement de la gendarmerie à Itasy, de deux chefs d’escadron, de deux lieutenants, ainsi que d’un inspecteur principal.

Provocation
«Nous avons été prévenus de votre arrivée. Aussi, avons-nous demandé préalablement aux responsables de la société si vous êtes autorisés à passer, et ils ont répondu non», a
lancé, d’un air calme et impassible le lieutenant-colonel Honoré  Randrianan­tenaina, commandant de l’Emmo/reg Itasy, et fixant  les bras croisés les quelques journalistes, venus en tête de front pour négocier le laissez-passer, afin de faire leur travail sur le site d’implantation de la société, d’autant plus que des riverains, dénonçant une violation de la décision du conseil du gouvernement clament haut et fort que les activités de l’industrie extractive en question, continueraient de plus belle. «Il faut déposer une demande 24 heures à l’avance», a poursuivi d’un ton calme le lieutenant-colonel Honoré  Randrianan­tenaina, entouré d’un lieutenant hautain, et d’un chef d’escadron dédaigneux, qui s’est éclipsé en tournant le dos, et en lançant des propos désobligeants, lesquels ont failli mettre le feu aux poudres.
N’ayant pas cédé aux provocations, les journalistes de la presse privée, venus sur place, ont préféré à rebrousser chemin.
À Soamahamanina, les quelques centaines de personnes, qui ont tenu une manifestation à 7 kilomètres du site, ne semblent pas prêts à faire machine arrière. «Que les Chinois décampent», «Non à l’accaparement de terrain », «Haro aux crimes environnementaux»,….. ces messages étaient écrits en lettres capitales sur les pancartes et les banderoles qu’ils ont brandi, hier.
«La suspension ne suffit pas. Il faut absolument y mettre fin», tonne Pierre Ralison, président d’une association des collectivités locales.
Préoccupé par une catastrophe qui pourrait s’abattre sur les rizières ainsi que sur les zones de cultures en aval, Daniel Rakotoarinelina partage ses inquiétudes.
«Des centaines de tonnes de terre sont enterrées sur la montagne d’extraction. Une multitude de monticules y sont entassée. Un ensablement des terres arables est  à craindre pendant la saison des pluies», s’inquiète-t-il.Le bras de fer continue.

Seth Andriamarohasina

1 commentaire

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  • Bravo de plus en plus fort la dictature arrive avec le hvm et on n est pas prêt de en voir la fin. Quelle gouvernement!!!C est la honte dans notre pays et tout uniquement pour que les dirigeants continuent de se remplir les poches.