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Tolagnaro – Les otages militaires libérés

Le  ministre de  la Défense  le général Richard Rakotonirina a  mené  les  négociations.

Un scénario explosif règne à Tolagnaro depuis jeudi. Des membres du gouvernement y ont été dépêchés en urgence, hier, pour désamorcer la situation.

EVITER une explosion sociale et libérer les militaires séquestrés par les manifestants. Voilà les premiers objectifs de la délégation gouvernementale dépêchée en urgence à Taolagnaro, hier. Une mission accomplie, de prime abord, étant donné que les éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS), ont été relâchés. Les photos partagées par le ministère de la Défense nationale, rapportent, également, des moments de convivialité entre les ministres et les manifestants.

La paix sociale a failli être brisée à Tolagnaro, jeudi. Après deux coups d’essais déjoués, jusque là, le barrage dressé par des pêcheurs mécontents sur la route menant vers l’usine d’Ambatovy a viré à l’affrontement avec les forces de l’ordre. Selon le récit d’un journaliste local, des éléments des FDS sont intervenus dans l’après-midi de jeudi pour déloger les manifestants. Face à la virulence de la riposte ces derniers, qui ont répliqué à coup de jets de pierres et de bâtons, les forces de l’ordre se sont repliées. Elles ont engagé une nouvelle offensive dans la nuit de jeudi à vendredi.

Cette nouvelle offensive des FDS a, toutefois, failli être dramatique. Des éléments des forces de l’ordre se sont retrouvés encerclés par les villageois en colère et ont, ensuite, été séquestrés. Certains d’entre-eux ont été blessés sous les coups dans le cafouillage. Après les premières négociations menées par les autorités locales, les manifestants ont accepté de relâcher les blessés. Une douzaine de militaires ont toujours été séquestrés, jusqu’à l’intervention de la délégation gouvernementale, hier, en milieu de journée.

Refus catégorique

Hier en milieu de matiné le ministre de la Défense nationale, celui de la Pêche et de l’économie bleue, celle de l’Environnement et du développement durable, le ministre des Mines et des ressources stratégiques, et celui de l’Eau, de l’assainissement et de l’hygiène, se sont envolés d’urgence pour Taolagnaro. Leur mission, apaiser la tension sociale sur place et libérer “les otages”.

La tension sociale qui faillit entraîner une émeu te à Taolagnaro couve depuis mi-avril. Suite à la découverte de cadavres de poissons qui flottaient dans une zone de pêche proche du site d’exploitation de QMM, le gouverneur de la région Anosy a édicté la suspension des activités de pêche. Ceci, jusqu’à ce que les résultats de l’analyse d’un échantillon de l’eau soit connue. Des résultats qui sont toujours attendus, jusqu’à l’heure.

Quelques jours après cette décision du gouverneur de l’Anosy, la centaine de familles de pêcheurs concernées par la suspension d’activité ont squatté les bordures de la route menant vers l’usine de QMM. Elles tiennent la multinationale, pour responsable de la situation. Ils estiment que l’exploitation de sable d’ilménite serait à l’origine de la contamination présumée de leur zone de pêche. Elles réclament ainsi une indemnité de 30.000 ariary par jour, à l’entreprise, pour une durée indéterminée.

Afin de mettre la pression sur QMM, ils ont dressé des barrages par deux fois sur la voie menant à l’usine. La troisième fois a débouché sur cette altercation avec les FDS. Dans un communiqué publié, jeudi, la multinationale a fait part d’un refus catégorique de céder aux revendications de paiement d’une indemnité financière. “(…) QMM privilégie ainsi l’accompagnement d’initiatives socio-économiques au versement de compensations financières, qu’elle a toujours refusé et refusera toujours de verser”, indique l’entreprise.

Dans cette missive, la multinationale annonce, également, son passage au service minimum. Un mode opératoire qui sera maintenu jusqu’à ce qu’elle puisse reprendre ses activités sans perturbation et sans menace pour la sécurité de son personnel et des infrastructures, “ceci de façon durable”.

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