Economie

Haja Rasambainarivo – « Il y a un travail de fond à faire pour stimuler la demande de produits malgaches »

Une mission économique a récemment été effectuée au Canada afin d’ouvrir les opportunités d’affaire du marché nord-américain aux opérateurs malgaches. Haja Rasambainarivo, président de la Chambre de commerce et de Coopération Canada–Madagascar, nous partage ses appréciations par rapport aux retombées de cette mission. 

● Pourriez-vous nous résumer, en quelques mots, les détails de cette mission ?
– La mission s’est déroulée du 24 avril au 2 mai avec des étapes à Montréal, Ottawa et Toronto. Avec une délégation de vingt-cinq personnes issues de treize organisations et entreprises malgaches, la CanCham a organisé des conférences multisectorielles, des rencontres B2B, des formations, des tournées de familiarisation en entreprise. Nous avons également participé à deux salons d’envergure : le National Women’s Show à Ottawa et le Salon International de l’Alimentation (SIAL) à Toronto. Il faut remarquer que Madagascar était le seul pays d’Afrique Subsaharienne à disposer d’un pavillon au SIAL. Cette mission est le volet qui clôture notre projet qui vise la facilitation des échanges économiques et commerciaux durables et inclusifs entre Madagascar et le Canada. Je profite, d’ailleurs, de cette entrevue pour remercier nos partenaires pour leur soutien : le PROCOM, le PIC et l’EDBM.
● Les producteurs malgaches peinent à sortir du domaine du « marché de niche ». Pourquoi ?
– Rivaliser sur les quantités fournies et surtout les délais d’acheminement très courts vers le Canada dont bénéficient les pays asiatiques ou ceux d’Amérique latine est extrêmement difficile. Nous croyons donc que les marchés de niche représentent une grande opportunité pour Madagascar car, si bien exploités, ceux-ci peuvent être à forte valeur ajoutée. Nous devons travailler sur le développement des filières qui font notre unicité et qui permettent aux produits malgaches de se démarquer de la concurrence. Notre récente étude de marché sur les secteurs les plus porteurs au Canada pour les PME exportatrices de Madagascar l’a démontré. Nous avons maintenant les données et nous savons sur quels secteurs il faut miser.
● Quelles mesures doit-on prendre pour améliorer notre compétitivité sur un marché de cette envergure ?
– Il faut que Madagascar soit plus visible sur ces marchés. Sans cette présence, les acheteurs canadiens ne vont pas s’intéresser à nos produits. Il y a donc un travail de fond à effectuer afin de stimuler la demande de produits malgaches et surtout convaincre ces acheteurs que nous sommes sérieux dans notre démarche d’exportation. Il faut, d’un autre côté, travailler sur l’augmentation de notre capacité de production tant au niveau de la qualité que de la quantité. Dans le cadre de l’augmentation de cette visibilité, la CanCham commence déjà à planifier les prochaines missions commerciales qui se feront en 2020.

 

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  • Il faut rassembler les producteurs du même produit. En coopérative ils doivent fixer l’objectif de qualité recherchée (sans produit chimique déjà), le centre de rassemblement de la production avant l’exportation. Bien entendu le prix d’achat de leur production doit être uniforme pour chaque région. L’exportateur est l’Etat. l’Etat publie les quantités des produits exportés leur prix à l’exportation, les taxes de l’ Etat et les dépenses relatives au transport groupé (l’assurance de la rentabilité maximale sur prix de revient). les bénéfices sont répartis en pourcentage du travail de chaque membre (s’il y a). Tout doit être publié dans les médias et les mairies, pour conforter la transparence.