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Chronique

Lundi de Pâques à Ambohijatovo

Lundi de Pâques à Ambohijatovo. Les images sont accablantes et témoignent à charge de l’encore peu d’éducation au beau, à l’ordre, à la propreté, de la majorité de la population. Détritus à la tonne, parterre de fleurs saccagés. Cependant, je refuse d’y voir uniquement une catastrophe.

Le choix d’Ambohijatovo signifie une appropriation des lieux et des aménagements récemment effectués par ces milliers de gens. L’énorme affluence offre un indicateur du besoin d’espaces verts dans la Capitale. De nombreux parcs et jardins : un autre Ambohijatovo sur les rives du lac Anosy, un autre Ambohijatovo aux abords du Masay, un autre Ambohijatovo dans le Laniera, un autre Ambohijatovo sur la nouvelle rocade Andranobevava-Nanisana-Amoronankona.

Voilà quarante-cinq ans, il y avait encore un jardin tranquille à Soarano. J’y accompagnais mon grand-père qui rejoignait les retraités de son âge, se passer les journaux satiriques de l’époque ou jouer au Fanorona. Seulement, quelqu’un a préféré couper les arbres, jeter les bancs publics, et y construire cette Mairie du premier arrondissement.

Il faut se dépêcher de manger sur l’herbe, conseillait Jacques Prévert. Il faut véritablement se dépêcher de sanc­tuariser des parcs et des jardins avant que les «promoteurs immobiliers» ne s’en emparent, avec force remblais et béton. À moins que, comme à Antanimbarinandriana, un espace de vie de surcroît contigu à de nombreuses écoles, ne soit livré aux vendeurs de voitures.

Dans une vieille Chronique du 21 janvier 2011, je rêvais à la création d’un poumon dans la Ville : un Central Park entre l’Ikopa et AndRaharo. Onze ans plus tard, on a seulement réussi à y jeter un ruban de bitume dont les bas-côtés sont quotidiennement la proie du fait accompli de constructions «les pieds dans l’eau». Pour les onze prochaines années, je rêve d’une promenade qui conduirait des berges de l’Ikopa à celles de l’Imamba ou de la Sisaony. Dans une autre Chronique du 26 juillet 2021, je songeais encore à un corridor pédestre, cyclable ou équestre sur les berges du Canal Andriantany. Une forêt native à la Miyawaki arborer Ambohijatovo ou Anosy et Antanimbarinandriana. Et les rives des lacs, Mandroseza, Mahazoarivo, Masay, s’épanouir en espaces verts publics.

Un simple coup d’oeil à la carte d’une métropole internat­ionale comme Londres suffit à repérer les nombreux «Parks» (Hyde, Regent’s, Green, Greenwich…) qui couvrent le tiers de sa superficie. Ce qui lui valut d’être appelée «première ville parc national du monde» par National Geographic. Finalement, mes rêves rejoignent le besoin des milliers d’excursionnistes de ce lundi de Pâques à Ambohijatovo. Reste maintenant les préalables (éducation, éducation et encore éducation) et les accompagnements (toilettes, poubelles, points d’eau).

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