Notes du passé

Les Malgaches, un peuple original et d’une grande variété

Quel type humain ces jeunes filles du Sud représentent-elles ?

«Le peuple (malgache) se fond actuellement dans le creuset unificateur de la Grande ile et doit à l’insularité l’essentiel des éléments constitutifs de la Nation malgache (ouvrage d’ Histoire de Madagascar destiné aux lycéens des Terminales, 1967).

Les Notes terminent cette série sur les traditions orales, les études archéologiques et ethnographiques, les archives vivantes dont le Sorabe, par les études anthropologiques. L’objectif étant (toujours) de mettre en exergue « l’unité dans la diversité des populations qui forment la Nation malgache ».

Comme partout dans le monde, dans la Grande ile des types humains se sont mêlés au cours des siècles pour constituer un peuple. Les premiers navigateurs qui débarquent sur les rivages, « sont déjà, sans doute, le fruit de brassages antérieurs ». Au cours d’enquêtes scientifiques, après les mensurations opérées par des spécialistes, trois types d’homme se retrouvent dans l’ile.

Le premier présente les caractères suivants : peau noire, crâne allongé, cheveux crépus, lèvres épaisses et mâchoires en avant. Deux origines possibles sont envisagées. La première évoque l’origine indo-mélanésienne qui suppose la longue traversée de l’océan Indien avancée par Grandidier, dans la première moitié du XXe siècle. Elle est « aujourd’ hui généralement abandonnée ».

Les travaux réalisés par Marie-Claude Chamla, écrivent les auteurs de l’ Histoire de Madagascar de 1967, insistent sur « l’absence de caractères particuliers mélanésiens » dans la population malgache. Pourtant, les travaux du Pr Rakoto-Ratsimamanga montrent que « des populations négro-océaniennes ont participé aux grandes migrations transocéaniennes ».

La deuxième hypothèse est l’origine africaine qui supposerait la seule traversée du Canal du Mozambique. On imagine alors l’élaboration d’un peuplement de base constitué par des groupes originaires d’Afrique. Dans la première moitié du XXe siècle, certains chercheurs rapprochent les Vazimba malgaches des Bantous du continent noir. « Une hypothèse de plus en plus abandonnée. »

« On incline actuellement pour la solution proposée par le Pr Hubert Deschamps. » Selon lui, des Africains auraient accueilli sur les côtes orientales du continent noir les premiers navigateurs indonésiens. Après une période, plus ou moins longue, de brassages humains, ils seraient partis avec eux- « esclaves ou alliés »- pour Madagascar. D’après les mêmes auteurs, dans les années 1960, cette hypothèse concorde le mieux avec les documents et les indices découverts par les autres sciences.

Le deuxième type est asiatique. Il présente des caractères différents du type africain, évidemment. À savoir peau claire à brune, cheveux lisses ou à peine ondulés, crâne plus court, lèvres moins fortes et mâchoires moins allongées vers l’avant.

Toujours selon les mêmes auteurs, « l’origine asiatique est incontestable ». Aux commerçants étrangers, la ressemblance des insulaires malgaches avec des types humains qu’ils ont rencontrés en Indonésie, de même que les sonorités de leur langue, suggère très tôt l’origine indonésienne.

Le troisième type humain trouvé à Madagascar est un type mixte. Il est plus répandu dans la Grande ile. Ce type emprunte ses traits caractéristiques aux deux précédents. Ainsi, la peau est plus ou moins foncée, plutôt brune, les cheveux plus ou moins frisés, les lèvres plus ou moins épaisses, etc.

On constate alors que les traits varient avec les personnes. « Une certaine uniformité qui n’enlève rien cependant à la personnalité de chaque être humain, résulte des brassages évoqués précédemment. »

Marie-Claude Chamla écrit que « l’évolution interne actuelle aboutit à la création de types (humains) nouveaux mixtes et spécifiquement malgaches ».

De son côté, Hubert Deschamps fait remarquer que le Malgache n’est donc ni un Asiatique ni un Africain, mais une juxtaposition ou un métissage des deux, «un peuple original et d’une grande variété ».

Cela peut se voir dans le vocabulaire emprunté aux mots africains, par exemple, le bœuf (angumbi qui donne omby), le mouton (ondry), la poule (kuku qui donne akoho)… Ou aux mots indonésiens, tels le bananier qui se traduit par foutsy (indonésien) sur la côte occidentale, akondro (bantou) sur les Hautes-terres…

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