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Editorial

Cyclown

Une fatalité. Les images ne changent pas et deviennent même de plus en plus dramatiques au fil des années après le passage d’un cyclone. La population ainsi que les villes et les villages sont de plus en plus vulnérables. Le cyclone Cheneso ne fait pas partie des plus redoutables que l’histoire retiendra mais son passage a été marqué par de graves inondations. Il n’y a pas eu de gros dégâts matériels ni humains mais les précipitations qui l’ont accompagné ont suffi pour mettre des régions complètement k.o. Que des images d’habitation dans l’eau. Que des routes complètement détruites. Après le passage de Batsirai et de Enaw l’année dernière, on a l’impression que rien n’a été fait pour limiter les dégâts. On se demande si on gère vraiment les risques et les catastrophes. On a comme l’impression qu’il n’y a jamais eu des routes goudronnées à Madagascar, qu’il n’y avait que des cases dont les toits s’envolent au premier courant d’air, qui s’immergent dès les premiers crachins. Dans la capitale et les grandes villes l’inondation fait désormais partie du décor à l’instar des espaces verts cyclone ou pas.
Combien de temps la population doit-elle encore ce calvaire récurrent?
La gestion des risques et catastrophes semble se limiter à la simulation des dangers à la population et tout ce qu’il faut faire pour s’en échapper. A défaut de pouvoir détourner un cyclone ou de le tuer dans l’oeuf, il faut songer vraiment à gérer les risques et catastrophes de manière à ce que la population en soit épargnée.
Des pays en proie aux tremblements de terre ont fini par construire des habitations qui peuvent y résister pour amoindrir les dégâts.
Pourquoi ne pas construire des habitations manara-penitra pour protéger les habitants et leurs biens? Avec tout l’argent déversé par les bailleurs de fonds pour des projets aussi fantaisistes qu’inefficaces, on peut très bien le faire. C’est mieux que de dilapider l’argent dans l’achat de vivres ou d’institutionnaliser la charité et l’assistanat. Mais il faut dire que la détresse de la population reste le meilleur fonds de commerce des politiciens surtout en période électorale. Il ne faut pas ainsi se faire trop d’illusion à ce propos. Le mœurs politiques ne vont pas changer grâce à Cheneso. On continue à jouer au cyclown.

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