Accueil » A la une » Sinistrés – Un nourrisson meurt sur le site d’hébergement à Mahamasina
A la une Social

Sinistrés – Un nourrisson meurt sur le site d’hébergement à Mahamasina

Au  gymnase  Mahamasina,  certains  sinistrés  sont dotés  de  lit  picot.

Les conditions de vie dans certains sites d’hébergement sont déplorables. Un bébé a laissé sa vie au gymnase de Mahamasina où l’aération laisse à désirer.

Invivable. Le gémissement d’une mère a raisonné dans le gymnase couvert de Maha­masina, transformé en site d’hébergement des sinistrés, dans la nuit de mercredi, selon plusieurs témoignages. Elle a poussé des cris, en constatant que son bébé de deux mois qu’elle tenait dans ses bras, était sans vie, de l’eau qui sortait de la bouche et du nez du nourrisson. « Le courant a été coupé vers 21 heures. Puis, lorsque cela reste revenu, une ou deux heures après, la mère a remarqué qu’il y avait quelque chose d’anormal sur le bébé », raconte la grand-mère du nourrisson décédé, Berthine Razafin­dravelo.

La cause du décès reste floue. Ses proches dénoncent le manque d’aération, l’odeur nauséabonde des toilettes et l’eau qui coulait sur le site. « Le bébé toussait déjà lorsque nous étions encore chez nous. Cette nuit-là, il a eu probablement froid, bien que sa mère l’eut réchauffé dans ses bras, car une partie de ses vêtements était mouillée. Il y a une fuite sur le toit du gymnase et l’eau s’est répandue dans le coin où l’on dormait», en chaîne ce tte femme. D’autres sources n’excluent pas le fait que l’enfant ait pu s’étouffer. « Il n’y avait aucune aération, pendant la nuit, alors que le site était bondé. Les odeurs des WC étaient suffocantes, en parallèle », lance Tahiana, un témoin.

Cette nuit-là, un autre enfant, âgé de deux ans, a failli mourir. « Cet enfant a fait des crises de convulsion, vers 2 heures du matin. Ses parents l’ont emmené dehors pour prendre un peu l’air car il faisait très chaud. Ils sont revenus, quelques temps après. Puis, vers 4 heures du matin, ils ont quitté le site pour retourner chez eux, dans l’eau. Ici, c’était l’enfer. Ce n’est que le matin que la grande porte a été ouverte pour aérer un peu le lieu », fustigent des habitants d’Andavamamba Ambila­nibe.

Odeurs suffocantes

Les sinistrés déplorent les conditions de vie dans les sites d’hébergement. À Mahamasina, les sinistrés évitent de rester dans le gymnase. On suffoque, au bout de quelques minutes. Les WC débordent. Cela émet des odeurs suffocantes. Alors que la grande salle, bondée, est très peu aérée. « Il y a beaucoup trop de monde ici. Les responsables devraient nous répartir dans des établissements scolaires, comme cela a été le cas, autrefois, pour éviter cette promiscuité », commente Jeanne Aimée Razafiarisoa. Mais, ils n’ont pas le choix. Ils doivent y rester, le temps que l’eau se tarit chez eux. Des hauts responsables de l’État qui sont descendus sur les sites d’hébergement, ont refusé d’entrer, par peur du virus de Covid-19 qui cir­cule, certainement, dans ces sites surpeuplés, ou par simple dégoût contre les odeurs.

Un grand manque de coordination est constaté, en ces temps de sinistre. À Andraharo Floréal, les matelas des sinistrés sont trempés. Il y a des fuites sur leurs tentes. Cela fait deux nuits et deux jours que les sinistrés sont dans ce site d’hébergement, mais les toilettes ne sont toujours pas installées. Ils font leurs besoins dans la nature. À Ankasina, des sinistrés se trouvent toujours sous l’eau. Les tentes qu’on leur avait promises ne sont pas arrivées, jusqu’à hier.

Les horaires de repas ne sont pas respectés. Hier, c’est à 13 heures que les sans-abri ont commencé à préparer les repas. « C’est maintenant que le charbon, les marmites, le riz et les légumes sont là. Nous avons demandé à ce que les aliments soient distribués crus aux bénéficiaires, mais notre requête a été refusée. Et voilà le résultat », assène une source à Andraharo. Dans la nuit de mercredi à jeudi, c’est à 1 heure 30 du matin que les sinistrés à Mahama­sina ont dîné. Le matin, beaucoup n’ont pas mangé. « Il y a eu une désorganisation dans la distribution. Certains ont eu jusqu’à trois plats et d’autres, aucun », admet un responsable du site.

La seule chose qui fonctionne, c’est la surveillance de la santé des victimes des intempéries. Des médecins reçoivent les personnes qui se sentent malades, sur chaque site. Elles bénéficient de médicaments gratuitement. Cela n’évitera pas, toutefois, le risque de propagation de maladie dans les sites. Les sinistrés ne portent pas de masque, ils ne se lavent pas les mains avec du savon. L’eau est disponible, mais il n’y a pas de savon. La distanciation physique n’est pas respectée.

Hausse des sinistrés

Presque tous les sites d’hébergement sont surpeuplés. De nouveaux sinistrés continuent à débarquer. « L’eau ne diminue pas! », indique Nadia Ramamonjisoa, qui vit à Andraharo. Hier, le Bureau national de la Gestion des risques et catastrophes a rapporté vingt trois mille quatre cent vingt sinistrés, dont neuf mille personnes déplacées et trois mille cinq cents cases inondées à Antananarivo. Elles sont réparties dans vingt six sites d’hébergement. La plupart de ces sites sont bondés. Selon les chiffres officiels, le gymnase couvert de Mahamasina abrite deux mille sept cents personnes, le gymnase couvert d’Ankorondrano, mille cents personnes. Mais il y en a probablement plus, la nuit. La capacité d’accueil des sites d’hébergement sera augmentée, selon Verohanitra Raharimanganindriana, directeur des Opérations auprès du BNGRC. « Des tentes seront installées dans les sites d’hébergement », indique-t-elle.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter