Editorial

Glasnost

Glasnost et Perostroika. Trente ans après ces deux termes qui ont caractérisé l’ère Mikhaïl Gorbatchev avant l’éclatement de l’URSS et le bloc de l’Est sont plus ou moins oubliés dans le glossaire usuel. Ils voulaient dire transparence, liberté de la presse et loi du marché. Ce fut un tournant dans l’histoire.

Hier à Iavoloha, un miracle s’est produit. Le président de la République Andry Rajoelina s’est entretenu avec les représentants de la presse, toutes tendances confondues. Un énorme changement étant donné que, depuis la Transition, il s’est accommodé de vraies -fausses interviews où les journalistes se gardent bien de poser des questions qui fâchent. Le président à vraisemblablement constaté que cela n’avait pas fait trop avancer les choses, que les critiques peuvent être constructives et il l’a, d’ailleurs, reconnu, que cela manquait de crédibilité. Il a ainsi décidé de s’ouvrir à toutes les tendances, à tous les courants. C’est tout en son honneur. Hier, il n’y a pas eu, au préalable, une préparation des questions selon la convenance du président. Les vraies questions ont été posées sans la moindre gêne, sans une pinte d’insolence ni agressivité. Le président a répondu sans recourir à la langue de bois.

Un échange droit, clair, des réponses claires et sans fioritures. Tout le monde trouve son compte. Le président soigne son image alors que la presse gagne en notoriété. Il faut savoir que c’est l’Ordre des journalistes de Madagascar qui a demandé à présenter ses vœux au Président et non pas le contraire. Une précision importante pour ne pas spéculer sur cette rencontre. D’aucuns seraient tentés de croire que le Président s’est arrangé pour s’offrir l’allégeance des patrons de presse et des directeurs de publication, comme on le chuchote sur les réseaux sociaux. Parmi la délégation de la presse figuraient des patrons de presse qui ne portent pas le pouvoir dans le cœur mais ont su distinguer le respect à la rébellion, la dignité à la soumission. Ce n’est pas pour un petit déjeuner qu’on va vendre son âme.

La presse ne demand,e en tout cas, que l’ouverture et la disponibilité des dirigeants pour bien faire son travail. Le pouvoir est le premier gagnant dans cette relation. Jouer la transparence, c’est créer un climat de confiance avec la population et mettre sur orbite la bonne gouvernance. Il a fallu cette rencontre pour que le Président trouve l’occasion de mettre les points sur les I à propos des fameuses primes octroyées aux fonctionnaires. Il était temps.

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