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Editorial

Justice est faite

Ce n’est pas trop tôt. Les dérives ont trop duré. Des magistrats qui font fi de leur déontologie sont de plus en plus monnaie courante. Avec les réseaux sociaux, l’expression est libre pour tout le monde et on se gêne pas. Des magistrats prennent clairement position pour des thèmes précis comme si c’était permis. Il a fallu l’installation du nouveau procureur de la Cour suprême pour qu’on remette les pendules à l’heure. Benjamin Alexis Rakotomandimby a commencé sa prise de fonction par un rappel des règles fondamentales qu’un magistrat doit observer. En premier l’obligation de réserve qui interdit aux magistrats de s’exprimer en public sur tel ou tel sujet. Un magistrat a ceci de commun avec un officier qu’il n’a pas le droit d’exprimer son opinion sur tel ou tel sujet en public ou dans les médias.

Une obligation que certains ont sciemment ignoré pour pouvoir jouer un rôle actif en politique, pour postuler à des fonctions électives, pour diriger des associations, pour être consultant ici ou là. Autrement il est tout sauf un magistrat qui se respecte. On ignore jusqu’où le nouveau procureur peut se faire entendre et respecter étant donné qu’il y a le feu dans la maison et qu’il faut y remettre un peu d’ordre. Le mal gangrène le corps de la magistrature et figure parmi les raisons pour lesquelles l’opinion a de moins en moins confiance en la justice. Le nouveau procureur a également rappelé qu’un magistrat l’est en tout temps et en tous lieux. Il doit ainsi soigner sa conduite et son comportement partout où il se trouve et ne jamais se considérer qu’il est en privé et se permettre des incartades. Il n’y a pas que certains magistrats qui se dévient de leur ligne de conduite. Le nouveau procureur a mis les points sur les i concernant les officiers de police judiciaire qui prennent une grande liberté en convoquant souvent la presse pour tenir un procès des suspects ou prévenus. Le procureur est le seul à pouvoir parler avec la presse. Les OPJ ne peuvent le faire qu’avec une autorisation du parquet.

Le problème est qu’en « le jugement » fait par les OPJ et le verdict du tribunal, c’est souvent le jour et la nuit. En conférence de presse les suspects sont présentés comme des coupables avérés alors que souvent dans les dossiers, les charges sont fallacieuses obligeant la cour à prononcer des acquittements purs et simples ou au bénéfice du doute. L’opinion accuse alors les juges de corruption car elle se base sur les jugements primaires des enquêteurs. Ces derniers temps plusieurs affaires de viol ont défrayé les chroniques dans la mesure où les peines prononcées contre les soi-disant auteurs n’étaient proportionnelles à la gravité des prétendus actes commis. Une affaire de meurtre s’est aussi terminée par un acquittement pur et simple de l’accusé pour la simple raison que les enquêtes comportaient des aveux extorqués sous la torture. Il était donc temps de remettre certains magistrats et OPJ dans le sens de la marche si on veut regagner la confiance des justiciables.

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