Notes du passé

De grands aménagements de terrains dans les régions rizicoles

Dans la région du lac Alaotra, le régime hydraulique permet une maitrise complète de l’eau et une protection complète contre les crues, mêmes dues à des cyclones. L’encadrement réalisé par les CRAM (Collectivités rurales autochtones modernisées) du PC 15 et d’Andilamena permet aux paysans de se familiariser avec la culture irriguée. « Certes des progrès sont encore possibles, mais on peut raisonnablement penser qu’ils seront réalisés avec l’accord de la population rurale. »

À Sahamaloto, la situation, un peu différente, est aussi bonne. La mise en valeur des terres est aussi rapide. Elle est due à l’action des colons européens qui montrent aux colons malgaches les méthodes correctes de mise en valeur.

En revanche, le cas de l’aménagement du PC 23 est beaucoup moins favorable. Étudié par Neyrpic en 1950-1951, les premiers travaux donnent lieu à des difficultés sérieuses de mise en œuvre. Il semble, en effet, que le chargé d’études n’ait pas mesuré exactement les difficultés de mise en valeur.

« La grande épaisseur de tourbe que les premières années de culture vont fortement tasser, réduira probablement dans des proportions importantes la surface utilisable qui, en tout état de cause, devra se trouver exondée, même en période de hautes eaux du lac » (Bulletin de Mada­gascar, septembre 1961).

En 1961, l’absence d’ingénieurs en nombre suffisant ne permet pas d’examiner le projet en détail au moment où il est remis. « Il est difficile de reprendre une telle affaire avec un recul de dix ans. »

Dans la province d’Antanana­rivo, les périmètres aménagés sont de dimensions plus modestes. Ceux de l’Onive ou de l’Ihazolava ne posent aucun problème de mise en valeur. La densité d’une population agricole avertie, la facilité des aménagements secondaires, expliquent que l’exploitation complète des terres se fasse dans des délais record. « Trois ans après les travaux, les périmètres sont entièrement cultivés. »

Au contraire, le périmètre d’Ifanja-Nord, dans le district de Miarinarivo, a une mise en valeur plus lente. Dans cette région plus isolée, la population paysanne plus clairsemée, est moins avertie des problèmes agricoles. Mais ce retard n’est pas très inquiétant, l’extension des cultures se faisant régulièrement chaque année, du fait de petites immigrations intérieures.

Selon les techniciens, les mêmes différences sont constatées à Fianarantsoa, entre le périmètre de l’Ankona et les marais d’Ambila. L’Ankona, située en pays betsileo, dans une vallée très peuplée d’agriculteurs qui ont une grande expérience de la culture irriguée, est cultivée dès sa mise en valeur. Mais « des interventions politiques intempestives » ne permettent pas de distribuer partout aux paysans des parcelles de formes géométriques simples, plus commodes à aménager et à labourer.

L’aménagement des marais d’Ambila est, au départ, dû à l’intervention d’un parlementaire, membre du comité directeur du Fides (Fonds d’investissement pour le développement économique et social des territoires d’Outre-mer). Sur sa demande, cet organisme octroie un crédit de 40 millions, beaucoup trop faible et qui ne peut être employé tout de suite, faute d’un projet étudié. « Les populations ne furent pas consultées et demeurèrent les
premières années, complètement étrangères à des travaux dont elles ne comprenaient pas l’intérêt. »
En 1957-1958, malgré les encouragements prodigués, la mise en valeur ne dépasse pas une centaine d’hectares.

Depuis, les organisations paysannes réussissent à installer et à former des colons. « Certes, à l’époque, la
partie ne saurait être considérée comme gagnée, mais elle est en bonne voie. »
En fait, s’il y a un semi-échec, il est aussi à souligner que ceci n’est jamais définitif. Les techniciens soulignent également de mauvaises conditions techniques, sociales ou psychologiques qui ont un effet retardateur considérable qui ne peut se rattraper qu’avec « beaucoup de temps et
d’efforts ».

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