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Communales : « Une campagne calme et entachée d’irrégularités », selon la CENI

Dans l’ensemble, la campagne électorale pour les communales se déroule dans une atmosphère relativement calme. Des irrégularités sont, néanmoins, recensées.

Calme, mais entachée d’irrégularités. C’est en ces mots que Thierry Rakotonarivo, vice-président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), résume l’ambiance de cette période de propagande des communales et municipales.

Sur la forme, la campagne électorale est relativement calme. Contrairement à la présidentielle et aux législatives, la course à la magistrature des communes ne connaît pas le tintamarre électorale habituelle. Sauf dans les quartiers où les candidats maires font des descentes accompagnées d’ani­mations musicales, c’est le calme plat. Autant dans les grandes villes que les localités rurales, la campagne de proximité semble être la méthodologie privilégiée.

Les candidats réputés ayant de gros moyens à disposition semblent faire preuve d’une certaine parcimonie, en public. Les médias non-plus ne sont pas inondés par la propagande des candidats. Plusieurs candidats semblent se suffire à la campagne digitale et privilégient les matraquages sur les réseaux sociaux. « Est-ce dû à l’ambiance relativement calme de la campagne, mais les irrégularités semblent avoir baissé par rapport aux précédentes élections », constate le vice-président de la CENI.

Thierry Rakotonarivo ajoute, toutefois, que « bien qu’elles soient en baisse, les irrégularités et des omissions existent toujours et des recadrages sont nécessaires ». Blasé, le vice-président de la Commis­sion électorale déplore que moins d’une semaine avant la fin de la propagande, « moins de 25% des candidats ont désigné leur trésorier de campagne ». Une situation que la CENI a déjà dénoncée lors des élections législatives et présidentielles.

Déclaration préalable
Les textes électoraux, toutefois, ne prévoient aucune sanction contre les candidats ou camp politique qui ne respectent pas les préceptes devant garantir la transparence des comptes de cam­pagne. Aussi, la plupart des participants aux joutes électorales semblent en faire fi. Un point que le commissaire électoral relève, du reste, est que très peu de candidats aux élections du 27 novembre ont désigné des représentants au sein des structures non-permanentes de la CENI.

Selon les textes électoraux, les candidats à chaque élection peuvent désigner des représentants pour siéger au sein des structures non-permanentes, à tous les niveaux des démembrements de la Commission électorale. Cela leur permet, à titre d’observateur, d’être au cœur de l’organisation du vote, jusqu’à la publication des résultats provisoires. Un autre fait regrettable est qu’à moins d’une semaine du scrutin « moins du quart des candidats ont désigné à temps leurs délégués de vote ».

La date limite fixée par la CENI pour la désignation des délégués de vote a été le 12 novembre. « Pour ne pas être taxés d’entraver la transparence du vote et altérer les droits des candidats, nous avons donné comme consigne à nos démembrements d’accepter les délégués de vote des candidats, même en retard », indique Thierry Rakotonarivo. Comme l’a souligné Jean Eric Rakotoarisoa, président de la Haute cour constitutionnelle (HCC), en octobre, le procès verbal (PV), signé par le délégué du candidat est la principale pièce prise en compte en matière de recours en contentieux, relatif aux opérations de vote.

Sur le déroulement de la campagne électorale proprement dit, le commissaire électoral relève le non-respect des règles en matière d’affichage de campagne. « Nous recevons, également, des dénonciations concernant des invectives et dénigrements », ajoute-t-il. Il souligne, cependant, le fait que les candidats suivent la règle qui consiste à faire une déclaration préalable auprès du représentant de l’État avant toute activité de propagande.

« Selon les textes, les candidats font une déclaration préalable de campagne auprès des représentants de l’État qui le communique à la CENI. Cela nous permet de coordonner les activités de campagne des candidats et d’éviter que deux ou plusieurs candidats se retrou­vent à se disputer un même lieu pour faire leur propagande telle que ce qui s’est passé à Antananarivo, durant la présidentielle », explique Thierry Rakotonarivo.